Guillaume Lepers Ma question porte sur l'avenir de nos grandes enseignes françaises, aujourd'hui menacées par une concurrence plus que déloyale de la part des géants de l'e-commerce asiatique, qui ont bouleversé le secteur de la mode et s'attaquent désormais à la décoration et à l'ameublement. Aujourd'hui, tous les secteurs sont peu à peu touchés.
La force de ces plateformes ? Des prix défiant toute concurrence, rendus possibles par des conditions de production que nous ne pouvons tolérer car elles ne respectent pas les normes sociales, environnementales et sanitaires imposées aux entreprises européennes. Pourtant, malgré ces pratiques, ces entreprises bénéficient de conditions de commercialisation très favorables sur notre continent.
Certes, depuis 2021, la TVA s'applique dès le premier euro pour les achats hors Union européenne. Mais dans le même temps, les commandes de moins de 150 euros restent exonérées de droits de douane. Or, avec un panier moyen des consommateurs français oscillant entre 13 et 53 euros, ces plateformes profitent d'un avantage fiscal considérable, mettant nos entreprises en grande difficulté.
Résultat : le secteur du prêt-à-porter, par exemple, continue de subir des contrecoups brutaux. Nos entreprises enchaînent les procédures de redressement judiciaire, quand elles ne sont pas simplement contraintes de fermer tout ou partie de leurs magasins. Ce secteur accuse désormais un déficit commercial de plus de 12 milliards d'euros, soit plus de 20 % du déficit total du pays hors énergie.
Face à cette situation, les États-Unis, eux, n'hésitent pas à adopter une politique commerciale volontariste pour protéger leurs entreprises et leurs emplois. Allons-nous encore une fois rester passifs ? Allons-nous accepter de voir disparaître nos enseignes, nos savoir-faire et nos emplois au profit de géants étrangers qui ne jouent pas avec les mêmes règles ? Quelles mesures concrètes le gouvernement entend-il prendre pour protéger nos industries et nos commerces, soutenir nos acteurs locaux et promouvoir une consommation plus durable ?