Graziella Melchior Les Ehpad jouent un rôle essentiel dans l'accompagnement de nos aînés, mais font face à des défis croissants. Les besoins augmentent, le recrutement reste difficile et les financements actuels ne permettent pas toujours de soutenir pleinement les établissements dans leurs missions. Il devient nécessaire de repenser le modèle de financement pour mieux prendre en considération les réalités du vieillissement et pour valoriser les initiatives qui améliorent la qualité de vie des résidents.
Les dotations soins des Ehpad sont principalement déterminées par la coupe Pathos, outil d'évaluation qui attribue des points en fonction de l'état de santé des résidents. Plus l'état d'un résident nécessite d'actes médicaux et de soins techniques, plus son score est élevé, ce qui conduit à accorder davantage de financements à l'établissement pour répondre à ses besoins. En théorie, cela semble logique, mais en pratique, ce système pénalise lourdement les établissements qui investissent dans la prévention.
L'exemple du centre Saint-Vincent-Lannouchen à Landivisiau, dans ma circonscription, géré par la Fondation Ildys, illustre cette incohérence. En 2019, son score Pathos était de 282 points. Grâce à un travail de fond des équipes pour prévenir le risque gériatrique, fondé sur la lutte contre la dénutrition, la réduction des risques de chute et le maintien du lien social, ce score est descendu à 256 points. Résultat : l'établissement a perdu 300 000 euros de financement, soit l'équivalent de six postes d'aides-soignants. Autrement dit, plus un Ehpad prend des mesures efficaces pour éviter l'aggravation de l'état de santé des résidents, plus il risque de voir ses financements baisser.
Comment est-il possible que l'on sanctionne financièrement un établissement qui fait bien son travail et qui améliore le quotidien de ses résidents ? Cette logique est contre-productive. Si nous voulons des Ehpad capables d'assurer un accompagnement respectueux et adapté aux besoins de nos aînés, nous devons changer de paradigme. Que comptez-vous faire pour réformer le modèle de financement afin qu'il valorise les établissements qui investissent dans la prévention, plutôt que de les pénaliser ?