Sandrine Nosbé En 2017, le président de la République Emmanuel Macron avait formulé une grande promesse : mettre fin au sans-abrisme. En 2024, 735 personnes sont mortes de la rue. La France a établi là un record – du jamais-vu depuis douze ans !
À l'heure actuelle, un Français sur cinq est touché par la crise du logement ; 350 000 personnes sont sans domicile ; 2,7 millions de ménages attendent l'attribution d'un logement social ; 12 millions de personnes sont en situation de précarité énergétique. En France hexagonale, plus de 17 millions de personnes ont eu froid l'hiver dernier, soit un Français sur quatre. Dans les outre-mer, un Français sur quatre est mal logé, sans parler de Mayotte, où la situation était déjà catastrophique avant le passage du cyclone Chido.
Ces chiffres implacables traduisent une terrible réalité. Pourtant, votre gouvernement, comme ses prédécesseurs, ne réagit pas ! Or l'indifférence ne déresponsabilise pas : vous êtes responsables !
En dix ans, le nombre de personnes qui attendent un logement social a augmenté de 1 million – et certaines attendent depuis plus de dix ans. Pourtant, parallèlement, le nombre d'attributions de logements sociaux a diminué de 100 000 en un an.
En Isère, département dans lequel se situe ma circonscription, sur près de 35 000 demandes de logement social, moins de 10 000 ont été satisfaites l'année dernière. Et moins de la moitié des logements en prêt locatif aidé d'intégration, destinés aux ménages en situation de grande précarité, ont été financés.
Par ailleurs, de nombreux locataires de logement social m'ont interpellée à propos de l'insalubrité de leur habitat. Il est ici question de logements indignes, vétustes et indécents – comme l'a constaté le tribunal judiciaire de Grenoble dans plusieurs ordonnances. Dans ces logements, il n'y a eu ni eau chaude ni chauffage pendant plusieurs semaines ; les factures de gaz et d'électricité sont astronomiques ; la moisissure est telle que des locataires ont développé des problèmes de santé, directement liés à l'état du logement.
La semaine dernière, quarante associations ont attaqué l'État en justice pour non-assistance à personnes mal logées, de sorte que cette impunité cesse, que des logements durables, propres et accessibles soient attribués, que l'on garantisse une vie digne, qu'il n'y ait plus de morts.
Quelles dispositions concrètes la ministre chargée du logement compte-t-elle prendre pour mettre fin à ces situations dramatiques, à cette remise en cause du droit au logement décent, à la diminution du nombre de constructions et de rénovations de logements à loyer modéré ?