Béatrice Roullaud Je souhaite appeler l'attention du gouvernement sur une difficulté rencontrée dans ma circonscription de Seine-et-Marne – et sans doute ailleurs – concernant l'attribution des aides financières attachées aux contrats d'apprentissage. Ces contrats, qui constituent une voie essentielle pour l'insertion professionnelle des jeunes, donnent lieu dès la première année au versement à l'entreprise d'une aide à l'embauche de 6 000 euros. Cette aide vise à encourager les employeurs à recruter des apprentis et à leur offrir une formation dans leur entreprise, le but étant de les accompagner jusqu'à l'obtention de leur diplôme, au bout de deux ans.
Toutefois, un problème majeur se pose : certaines entreprises profitent du dispositif de manière abusive. En effet, il arrive que des employeurs recrutent un apprenti et perçoivent l'aide financière correspondante, mais licencient le jeune en fin de première année. L'apprenti se retrouve alors au milieu du gué, sans possibilité de finaliser sa formation et d'obtenir le diplôme nécessaire à son insertion sur le marché du travail.
Mais ce n'est pas tout. Certains employeurs possédant plusieurs sociétés exploitent une faille du dispositif : pour continuer à bénéficier des aides publiques, ils organisent, après la première année, un transfert artificiel des apprentis d'une entreprise à l'autre. Grâce à cette manœuvre, ils perçoivent une seconde fois l'aide à l'embauche. Ce n'est pas conforme à l'esprit du contrat, qui prévoit un engagement sur deux années consécutives.
Face à ces dérives, il est essentiel que des mesures soient prises. Le gouvernement envisage-t-il de verser la prime en deux fois, pour éviter ces détournements ? À défaut, quelles mesures compte-t-il prendre ?