Sophie Pantel L'absence d'investissement suffisant ces trente dernières années pour désenclaver la Lozère, en particulier sur les routes nationales 88 et 106, a conduit la région Occitanie à se retirer de l'expérimentation qui lui transférait la maîtrise d'ouvrage.
Le rail n'est pas mieux loti. Cette situation contribue à accentuer un sentiment d'abandon et de déclassement au sein de la population – mon collègue Vincent Trébuchet vient de l'évoquer –, qui subit des temps de trajets toujours plus longs, des retards, des pannes à répétition, un matériel roulant vieillissant, des gares fermées, autrement dit un service public particulièrement dégradé.
Le maintien et le développement du fret, que ce soit en Lozère ou ailleurs, sont des enjeux majeurs de la transition écologique, pour soutenir l'industrie et faciliter les déplacements du quotidien, notamment l'acheminement des scolaires depuis les départements voisins.
Les territoires de montagne apportent beaucoup à la nation, à travers leurs aménités, et attendent un juste retour, en vertu de la solidarité inhérente au pacte républicain.
La Lozère est le département le plus enclavé de France – je réside ainsi à six heures trente en transport de la capitale et à trois heures trente de la capitale régionale. Il s'agit du seul département dont la ville-préfecture n'est pas traversée par une autoroute ni desservie par un aéroport.
Les lignes du « H lozérien » s'inscrivent toujours dans le schéma européen du fret et relient deux trains d'équilibre du territoire, le Cévenol et l'Aubrac, qui sont essentiels non seulement pour le transport des scolaires, mais aussi pour le maintien de l'usine ArcelorMittal. C'est ce qui a conduit les régions Auvergne-Rhône-Alpes et Occitanie à investir fortement – à hauteur de 40 millions – dans les travaux d'urgence sur la ligne de l'Aubrac.
Pour cette même ligne, des travaux de modernisation sont encore à prévoir, évalués à 150 millions. Ma première question porte sur l'engagement du gouvernement à participer à ce projet et à le soutenir auprès de SNCF Réseau.
S'agissant du train de nuit, un projet de tri-branche existe : l'état actuel du réseau permettrait de desservir immédiatement la Lozère, avec une arrivée à Marvejols.
J'en viens à la ligne des Cévennes. À l'automne dernier, un train express régional a déraillé, en raison des épisodes cévenols. Depuis, le côté est du département – en particulier Villefort et Langogne – n'est plus desservi. Une reprise du service est annoncée pour le mois d'avril. Pouvez-vous me le confirmer et préciser quels sont les engagements de l'État pour rénover cette ligne ?