Christine Arrighi Elle porte plus précisément sur la nécessité de préserver les missions de service public assurées par La Poste, essentielles au lien social et à l'égalité territoriale.
La Poste en remplit quatre, définies par la loi. Elle assure notamment le service universel postal et contribue, ne l'oublions pas, à l'aménagement du territoire avec 17 000 points de contact financés par le contrat de présence postale territoriale. Celui-ci, doté de 177 millions d'euros par an, garantit que 97 % de la population se trouve à moins de 5 kilomètres d'un point postal. Le gouvernement précédent avait réaffirmé l'engagement financier de l'État, mais seulement après avoir tenté d'amputer ce contrat de 50 millions d'euros – près d'un tiers du budget alloué – dès l'année 2024.
Le maintien annoncé du financement de l'État cette année et l'année prochaine est accueilli comme une bonne nouvelle, mais dans un contexte de remise en cause des services publics de proximité, il convient de rester vigilant. Depuis 2010, la privatisation a entraîné une dégradation de la qualité du service : réduction des horaires d'accueil, suppression de tournées, fermeture de bureaux et transfert d'activités à des commerces. Rien qu'entre 2015 et 2020, le nombre de bureaux est passé de 9 300 à 7 500.
De plus, certains partenariats locaux sont fragilisés : à Pinsaguel, commune de ma circonscription de Haute-Garonne, un acteur de l'économie sociale et solidaire assure le service postal, mais La Poste a prévu de réduire drastiquement la rémunération de cette prestation en 2025, ce qui mettra en danger le modèle économique de cette structure et le service rendu à la population.
Les points de contact postaux jouent un rôle vital, particulièrement pour les populations vulnérables – personnes âgées, en situation de handicap ou éloignées du numérique. Leur disparition accentue les inégalités sociales et territoriales.
L'urgence est au renforcement des services publics de proximité, pour lutter contre le sentiment d'isolement et de relégation, pour que l'égalité entre les citoyens devienne une réalité éprouvée au quotidien, quelle que soit leur commune de résidence. J'interpelle le ministre de l'action publique, de la fonction publique et de la simplification quant à l'indispensable maintien du maillage territorial du service public postal. Quelles actions le gouvernement compte-t-il mener pour garantir le maintien des 17 000 points de contact postaux et préserver le rôle crucial que jouent les structures locales, dont celle de Pinsaguel est un bon exemple ?