Annie Genevard, ministre de l'agriculture et de la souveraineté alimentaire . Je suis tout à fait consciente de la situation dans laquelle se trouvent nos viticulteurs et vous connaissez mon attachement à cette filière. Je vous y sais également attaché, vous dont le département est très agricole ; mon cabinet vous a d'ailleurs reçu récemment pour évoquer plusieurs sujets, dont celui de la viticulture.
Pour venir en aide à la filière viticole, nous avons pris de nombreuses mesures d'aide : nous avons par exemple créé, en février 2024, un fonds d'urgence de 80 millions d'euros, et nous avons obtenu, à l'initiative de mon prédécesseur, Marc Fesneau, le feu vert de Bruxelles pour réaliser la réduction du potentiel viticole, réclamée par la profession, à hauteur de 120 millions d'euros. La semaine dernière, lors du Salon de l'agriculture, j'ai annoncé un fonds de 10 millions d'euros pour venir en aide aux jeunes viticulteurs, qui, plus encore que les autres, sont frappés par les aléas climatiques et doivent être aidés dans les premières années sensibles de leur installation.
Enfin, outre ces mesures conjoncturelles, j'ai décidé de prendre des mesures d'aide structurelles. Ainsi, le premier contrat d'emprunt de long terme, garanti à 70 % par l'État, a été signé au Salon de l'agriculture, comme je m'y étais engagée. Par ailleurs, la loi de finances de fin de gestion pour 2024 a ouvert, au programme 149, les 20 millions d'aides à destination des viticulteurs que vous avez permis d'obtenir par votre amendement. Ces crédits, compte tenu de la censure et du report de l'adoption de la loi de finances, n'ont pas pu être consommés en 2024 et seront reportés en 2025, comme je l'ai instamment demandé. Vous pouvez joindre la voix du Parlement à la mienne, cela ne fera pas de mal. Je suivrai avec beaucoup d'attention l'affectation de ces crédits et vous pouvez compter sur moi pour veiller à la bonne utilisation de ces fonds dans les tout prochains mois.
S'agissant des coopératives agricoles, un problème se pose incontestablement. Vous avez mentionné, à juste titre, le travail de restructuration à mener avec elles, ainsi que les 10 millions destinés à les y aider obtenus à la suite de l'adoption de votre amendement. Nous allons entamer ce travail avec les coopératives et votre contribution sera la bienvenue. Outre la question budgétaire se pose celle de la manière dont doit être conduite cette restructuration. Nous devons en définir les contours avec les coopératives elles-mêmes, qui doivent nourrir un projet pour lequel nous affecterons ces moyens. Ce travail préalable est nécessaire avant d'apporter un soutien budgétaire. Vous pouvez compter sur moi : les coopératives viticoles constituent l'une de mes priorités.