Aurélien Saintoul Ma question s'adresse à Mme Juliette Méadel, ministre déléguée chargée de la ville, et porte sur le désastre provoqué par les gouvernements successifs, de François Hollande à Emmanuel Macron, concernant la situation locative de nos compatriotes.
En effet, après cinq ans de hollandisme, puis bientôt huit ans de macronisme, jamais la population n'a eu autant de mal à se loger. Dans un pays qui compte désormais 11 millions de pauvres, le halo du mal-logement touche près d'un Français sur six, soit 4,1 millions de personnes mal logées, parmi lesquelles 590 000 vivent chez un tiers et 350 000 sont sans domicile fixe. Plus du quart du budget des ménages – et presque la moitié en ce qui concerne les foyers les plus pauvres – est consacré au logement.
La Fondation pour le logement des défavorisés souligne d'ailleurs que l'année 2024 est celle de tristes records. En témoignent les 19 000 expulsions qui ont eu lieu, en augmentation de 17 % par rapport à 2023, signe que la crise continue de s'accentuer. On note par ailleurs une disparité et une inégalité criantes, puisque 3,5 % de propriétaires seulement possèdent 50 % des logements privés en location – ce chiffre est à peine croyable. Ces inégalités entraînent des effets si terribles qu'elles tuent : 735 personnes ont trouvé la mort dans la rue cette même année.
Le logement social n'est pas en reste : les demandes s'élèvent à 2,7 millions, alors que seulement 390 000 d'entre elles ont abouti en 2023, soit 100 000 de moins qu'en 2016. En Île-de-France, 14 % des foyers attendent un logement social et seule une demande sur dix sera satisfaite dans l'année, malgré un délai de traitement qui approche les dix ans.
Cette situation est la conséquence directe de la politique que vous menez, qui favorise le parc privé par le biais de niches fiscales en faveur des bailleurs privés et qui réduit l'accès des plus précaires au secteur locatif privé en abaissant le montant des aides personnelles au logement, en criminalisant, de surcroît, les locataires en situation d'impayés. Cette politique appauvrit également les bailleurs sociaux en ponctionnant leurs recettes, grâce à la réduction de loyer de solidarité qui n'a pas été compensée et qui leur coûte 1,3 milliard chaque année.
Le bilan est donc désastreux, calamiteux même. L'accès à un logement, notamment en Île-de-France, s'apparente à un cauchemar, voire un défi. C'est pourquoi je me contenterai de poser une seule question : comptez-vous pérenniser l'encadrement des loyers et étendre ce dispositif à l'ensemble du territoire ? Il s'agit désormais de l'un des seuls moyens, pour nos compatriotes, de trouver un logement.