Arnaud Saint-Martin Ma question s'adresse à Mme la ministre chargée du logement. Connaissez-vous le quartier de l'Almont à Melun, dans ma circonscription, où les logements et les infrastructures sont dans un état de délabrement avancé et constatable ? Les conditions de vie y sont indignes, par endroits : moisissures, champignons, infestations de nuisibles, problèmes électriques, défauts d'isolation, et j'en passe.
Les habitants, mobilisés, ont adressé de nombreux signalements au bailleur social – je le nomme, il s'agit d'Habitat 77 –, mais les améliorations, quand il y en a, sont cosmétiques, voire obsolètes. Je l'ai constaté sur place à plusieurs reprises, après des dizaines d'interpellations de locataires livrés à eux-mêmes.
Comment est-il possible, dans ce quartier, comme dans tant d'autres quartiers populaires de notre pays, que des enfants soient obligés de garder leur manteau pour faire leurs devoirs, en raison du manque de chauffage – problème particulièrement aigu en ce moment ? Comment l'État peut-il laisser faire des bailleurs, qui refusent d'organiser des opérations de désinsectisation ? Que fait-il lorsque des escaliers endommagés – ce que j'ai moi-même constaté – empêchent les personnes âgées d'accéder à leur domicile, parfois en étage élevé, en toute sécurité ? Que penser, enfin, de l'absence d'isolation, qui favorise la prolifération de moisissures et met gravement en danger la santé des locataires ?
Les réponses apportées versent dans le tout sécuritaire – c'est à la mode. Le bailleur, comme le gouvernement que vous représentez, ne pointe, dans ses expressions publiques relatives aux quartiers populaires, que le trafic de drogue qui se déroule en bas des tours ou aux abords des quartiers, appelant au renforcement des contrôles de police. C'est la seule véritable position affichée dans l'expression publique du gouvernement, ce qui est tout de même assez indigne.
Les habitants des quartiers populaires méritent mieux. Au lieu de les stigmatiser, il est urgent de leur garantir un logement et des conditions de vie dignes. Puisque les responsables d'une telle situation sont incapables de nous répondre et qu'ils font singulièrement l'autruche, je m'adresse à Mme la ministre chargée du logement en désespoir de cause.
Quand le gouvernement compte-t-il enfin mener un vaste programme de rénovation des logements, afin de répondre non seulement aux exigences minimales de logement décent – rappelons qu'il s'agit pour ce bailleur social d'une obligation légale, et quelques autres sont concernés dans le département –, mais aussi à la nécessaire bifurcation écologique de l'habitat, avec une programmation durable ? Entend-il enfin engager un plan de contrôle adapté de la prolifération des animaux liminaires – problème constamment évoqué par les habitants –, lutter de fond en comble contre l'habitat insalubre et engager des sanctions contre les bailleurs et les syndics qui manquent à leurs obligations et laissent ces espaces se détériorer ?
Ma question est donc très simple : face à la détresse des locataires, quand agirez-vous en conséquence ?