Julien Rancoule Je souhaite vous interpeller sur deux préoccupations majeures, qui ont un impact considérable sur l'attractivité et l'accessibilité de ma région, l'Occitanie, et de mon beau département de l'Aude.
En octobre 2023, Air France a annoncé son intention de quitter la plateforme d'Orly et, par conséquent, de cesser ses vols entre Toulouse et Paris-Orly d'ici à 2026, transférant cette liaison à sa filiale low cost Transavia. Cette liaison est pourtant essentielle pour les déplacements professionnels, touristiques et commerciaux, notamment en raison de la meilleure accessibilité d'Orly depuis le sud de Paris, par rapport à l'aéroport Roissy-Charles de Gaulle. Cette décision aura également un impact fort sur le personnel de la compagnie, qui a souvent investi depuis longtemps à proximité de l'aéroport et qui devra bousculer sa vie personnelle et familiale pour garder son emploi. Enfin, au-delà des répercussions internes, il y aura des effets inexorables sur le territoire. Nous sommes la région métropolitaine la plus éloignée de la capitale et, très certainement, la moins bien desservie. Le basculement vers Transavia entraînera une importante diminution de la fréquence des vols comme cela a été le cas à Montpellier.
Principal actionnaire d'Air France, à hauteur de 28,6 %, l'État a versé près de 7 milliards d'euros d'aide publique durant la crise sanitaire. C'est donc à vous d'entamer un rapport de force avec la direction, afin d'apporter des solutions concrètes. Je ne peux imaginer qu'un gouvernement ait pu valider, voire encourager, cette décision qui va à rebours des intérêts de la population. Vous n'êtes pas sans savoir que nous sommes actuellement dépourvus de ligne à grande vitesse. Contrairement à d'autres villes, nous n'avons pas d'alternatives efficaces à l'avion pour aller vers la capitale. Il faut donc être responsables et conserver les navettes Air France, gages de qualité et de fiabilité, au moins jusqu'à la mise en service de la ligne à grande vitesse Toulouse-Bordeaux.
Je souhaite aussi vous interroger sur l'ouverture – ou plutôt la réouverture – de la ligne aérienne Carcassonne-Orly. Bien que le projet ait été validé en janvier 2022 par la direction générale de l'aviation civile comme une obligation de service public, sa mise en œuvre tarde à se concrétiser. Cette connexion est d'autant plus nécessaire que la suppression de la ligne Toulouse-Orly risque d'accroître l'isolement du département de l'Aude, lui aussi dépourvu de liaison ferroviaire à grande vitesse avec la capitale. Voici un exemple concret : il faut en moyenne six heures trente pour accéder à la capitale en train depuis Carcassonne, contre quatre heures trente par avion depuis Toulouse. Avec une ligne Carcassonne-Orly, cette durée serait ramenée à trois heures.
Comptez-vous intervenir pour maintenir la liaison Toulouse-Orly sous l'égide d'Air France, afin de garantir un service de qualité ? Envisagez-vous d'accélérer l'ouverture de la ligne Carcassonne-Orly, indispensable au désenclavement et au développement économique du territoire ?