Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l'accès aux soins . Je vous communique les éléments de réponses du ministre de l'intérieur.
En matière de lutte contre les stupéfiants, les statistiques témoignent d'un travail d'initiative et de l'engagement très fort des policiers et des gendarmes, que je tiens à remercier.
Permettez-moi de nuancer vos propos relatifs à l'explosion de la violence. Si le gouvernement ne sous-estime pas la montée de la violence dans notre société, les efforts engagés et la mobilisation des forces de l'ordre produisent des résultats. Quelques chiffres en témoignent.
Par exemple, en zone police, on observe une baisse de 11,3 % des violences physiques crapuleuses en 2024, les homicides sont en recul de 5,9 %, les atteintes aux biens de 4,1 %, et les cambriolages de 6,3 %. J'entends cependant que les chiffres de la délinquance demeurent toujours trop élevés.
Notre pays est confronté à un phénomène massif de consommation et de trafic de stupéfiants. Le Sénat vient d'adopter la proposition de loi visant à sortir la France du piège du narcotrafic, qui a fait l'objet d'un très large consensus. Elle permettra de doter nos services de moyens techniques d'enquête à la hauteur des enjeux. Le ministre d'État, ministre de l'intérieur, espère donc que cette volonté partagée et transpartisane de lutter contre les narcotrafiquants se manifestera aussi dans votre assemblée.
Sans attendre ces nouveaux outils juridiques, il a demandé que soient mobilisés tous les moyens et outils à disposition de l'État afin de mener non seulement la bataille de la sécurité du quotidien, mais également le combat contre le narcotrafic. C'est l'objet même des plans d'actions départementaux de restauration de la sécurité du quotidien présentés le 21 février, qui ont été élaborés au plus près du terrain, par les préfets. Ils seront mis en œuvre en collaboration avec les élus et les partenaires locaux, dans une logique de continuum de sécurité – c'est fondamental.
Dans votre département, monsieur le député, le préfet de police des Bouches-du-Rhône a présenté un plan d'action extrêmement concret et ciblé, que je vous invite à soutenir.
En outre, la gendarmerie nationale renforce son maillage territorial en poursuivant le déploiement des 329 brigades souhaitées par le président de la République. Une des trois brigades prévues dans les Bouches-du-Rhône est déjà opérationnelle et prend toute sa place dans le dispositif.
Plus largement, le ministère de l'intérieur s'est engagé à doubler le temps de présence des forces de l'ordre sur la voie publique d'ici à 2030, ce qui participe directement à garantir une meilleure sécurité pour nos concitoyens.
Dans les Bouches-du-Rhône, le dispositif de sécurité des populations déployé par la gendarmerie nationale est organisé en plusieurs niveaux. Ainsi, la section de recherche de Marseille à vocation régionale est composée de cent enquêteurs spécialisés. Elle concentre ses efforts dans la lutte contre les importations de stupéfiants et les grossistes. Il s'agit de couper les approvisionnements en visant prioritairement les nœuds logistiques et les infrastructures de blanchiment.
Vous évoquez également les violences intrafamiliales, sujet important qu'il convient d'appréhender dans sa globalité pour développer des réponses efficaces. Les gendarmes et les policiers mettent tout en œuvre pour favoriser la prise de conscience par les victimes de ces faits et de leur portée pour permettre la libération de la parole et la révélation de ce type odieux de délinquance aux autorités.