Vincent Jeanbrun J'appelle votre attention sur la santé et l'espérance de vie des habitants de ma circonscription, dans les villes de L'Haÿ-les-Roses, de Thiais, de Chevilly-Larue, de Rungis ou encore de Fresnes, qui vivent aux abords de deux autoroutes majeures : l'A86 et l'A6. Cette dernière a même le record d'Europe de largeur de voies : 14 voies d'autoroutes traversent de part en part la ville de L'Haÿ-les-Roses, à 15 mètres du sol, suscitant toutes les nuisances imaginables.
Parmi elles, il y a tout d'abord les nuisances chimiques : de manière invisible et insidieuse, nous respirons des polluants, des particules fines, voire des microparticules, dont une récente étude italienne a montré qu'elles apparaissent même, désormais, dans le lait maternel. S'y ajoutent des nuisances sonores, avec, une fois encore, une onde imperceptible qui produit un effet majeur sur le sommeil et la santé mentale des habitants, entraînant des phases de sommeil hachées, un stress accentué et une santé qui se dégrade.
J'ai souhaité vous interpeller car les habitants qui vivent aux abords de ces infrastructures, dans ma circonscription comme ailleurs, doivent bénéficier du soutien de l'État : il s'agit de refuser cette fatalité des 40 000 morts par an liées à la pollution. Le bruit, lorsqu'on y est exposé de manière intense, comme c'est le cas dans ma circonscription, peut faire perdre jusqu'à trois ans d'espérance de vie en bonne santé.
Personnellement, je ne m'y résous pas et j'attends du gouvernement qu'il en fasse de même. Disons-le franchement : il y a des actions à mener !
Jusqu'en 2019, ce secteur géographique était considéré comme un point noir du bruit. À la suite d'une intervention du gouvernement et de la région Île-de-France, sous l'impulsion de Valérie Pécresse, des revêtements phoniques ont été installés, qui ont entraîné une amélioration – même si l'on voit déjà que la situation se dégrade et qu'il faudrait y remédier.
Malheureusement, en raison de cette avancée, la zone ne bénéficie plus du label point noir du bruit, ce qui explique que les services de l'État ne soient plus mobilisés. Il faut donc que les tronçons de l'A86 et de l'A6, en particulier, soient de nouveau considérés comme des points noirs du bruit, afin de mobiliser les moyens nécessaires, à savoir, au-delà des revêtements phoniques, des murs antibruit de qualité, ce qui paraît primordial pour prendre en considération la situation de nos concitoyens.
En ce qui concerne la pollution chimique, j'attends du gouvernement qu'un véritable plan de bataille soit engagé. J'y ajoute une demande très spécifique : faire en sorte qu'un seuil maximum soit institué pour les microparticules, comme cela existe pour les particules et les particules fines. De tels seuils permettront de savoir si les personnes concernées sont exposées, ou non, à des quantités trop importantes. Je compte sur vous et sur votre action, madame la ministre.