Damien Girard Dans cette période d'incertitude, de montée de l'extrême droite et de sa violence, notre pays a besoin de sérénité et d'unité. Ce n'est pas le moment de renoncer à notre modèle social ni d'abandonner nos jeunes. Les centres sociaux, les centres d'information sur les droits des femmes et des familles et les associations à vocation sociale sont bien plus que des acteurs de terrain. Ils constituent la charpente du tissu social français, un socle fragile mais essentiel.
Plus de 10 millions de personnes en bénéficient chaque année pour accéder à leurs droits. Ces centres, dans leur diversité, représentent bien plus qu'un service : ils incarnent le pilier fondamental de la vie de nos territoires. Face aux fractures sociales, ils constituent un barrage indispensable contre la décomposition du lien social et la montée inexorable des peurs et de l'extrême droite.
Pourtant, cette mission vitale se heurte à un équilibre financier de plus en plus précaire. Dans le Morbihan, 42 % des centres sociaux ont été contraints de réduire leur effectif salarié d'au moins un équivalent temps plein – une mesure lourde qui fragilise encore davantage ces structures déjà en tension.
La non-compensation par l'État de la prime Ségur a également plongé dans l'impasse bon nombre de CIDFF, exacerbant une situation qui ne peut plus être ignorée. Pour y remédier, j'ai déposé une proposition de loi visant à créer un fonds d'urgence, dans le but d'empêcher la fermeture de ces associations et centres sociaux, non seulement en Bretagne mais partout en France. Sans l'intervention de l'État, ce sont des milliers de structures qui risquent en effet de s'effondrer.
Cette crise ne saurait être résolue par la seule intervention des communes et des départements. L'État doit immédiatement compenser l'effet de l'inflation à court terme et, surtout, construire un système de financement lisible pour l'avenir, afin de garantir la pérennité de ces services indispensables à nos concitoyens. Quelles garanties financières, concrètes et crédibles, pouvez-vous offrir aux centres sociaux et associations sociales, en première ligne face aux inégalités qui explosent ?