David Amiel Je souhaite alerter la ministre de l'éducation nationale sur la situation de l'école publique dans ma circonscription et, plus généralement, à Paris. Ces dernières semaines, les mauvaises nouvelles s'accumulent.
D'abord, la fin du régime dérogatoire au droit commun de décharge des directeurs d'école a été annoncée. Depuis 2019, le surcoût lié à ce dispositif n'est plus assumé par la Ville de Paris et pèse entièrement sur le budget de l'éducation nationale. Le 28 février, en réponse à la mobilisation de mon groupe, Ensemble pour la République, le gouvernement a demandé, à juste titre, à ses services d'engager dans les plus brefs délais une concertation avec la Ville de Paris pour définir un nouveau cadre.
Je serai très clair. Certes, il est parfaitement légitime que la Ville de Paris paie pour un dispositif dérogatoire, qui lui est propre et ne doit donc pas être financé par la solidarité nationale – puisqu'il n'est pas étendu à l'ensemble du territoire. Cependant, il est tout aussi légitime et important de maintenir ce dispositif qui permet aux directeurs d'école de mieux assurer leurs tâches, d'ores et déjà très lourdes – peut-être, d'ailleurs, faudrait-il l'étendre à d'autres régions du pays qui en auraient besoin ?
Pourtant, une incertitude forte demeure s'agissant de l'issue des discussions. Pouvez-vous nous en dire plus et nous rassurer sur l'avenir de la décharge des directeurs des écoles publiques parisiennes à laquelle les élèves, les enseignants et les directeurs eux-mêmes sont particulièrement attachés ?
Ensuite, des fermetures de classe ont été annoncées. Bien sûr, la baisse de la natalité et le départ de Paris des familles des classes moyennes, étranglées par les prix de l'immobilier et la politique municipale, sont une réalité. Cependant, j'observe que ces évolutions démographiques ont un impact très différent sur les écoles publiques et sur les écoles privées : tandis que les effectifs du cours préparatoire ont baissé de plus de 22 % dans les écoles élémentaires publiques depuis 2016, ils n'ont baissé que de 4,5 % dans le privé. Bien des raisons peuvent expliquer cet écart qui devrait, en tout état de cause, inciter à réduire le nombre d'élèves par classe pour renforcer l'attractivité de l'école publique.
J'aimerais connaître le point de vue de la ministre sur cette question et souligner combien il est important d'étudier les situations au cas par cas, de prendre particulièrement en considération la situation des écoles publiques qui sont situées dans des quartiers difficiles, qui accueillent des élèves en situation de handicap ou qui sont engagées dans un projet d'établissement spécifique.