Agnès Pannier-Runacher, ministre de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt, de la mer et de la pêche . Je remercie M. le député pour sa question car les zones à faibles émissions suscitent beaucoup de questionnements. Je pense utile de replanter le décor. En France, quarante-deux agglomérations sont concernées par les ZFE ; deux d'entre elles seulement respectent les normes de qualité de l'air recommandées par l'Organisation mondiale de la santé. La pollution de l'air provoque 48 000 décès prématurés chaque année et près de 30 000 cas d'asthme infantile supplémentaires annuels. Et je pourrais malheureusement continuer longtemps la litanie des pathologies liées à la dégradation de la qualité de l'air.
Il convient de rappeler que, hormis deux agglomérations, celles de Lyon et de Paris, les autres ne sont pas concernées par des restrictions de circulation. Quand ces restrictions existent, elles sont conçues par les collectivités locales, qui en dessinent le périmètre et en formulent les modalités. À propos de l'élément qui, à raison, inquiète le plus nos concitoyens, l'interdiction de certains types de véhicules, je rappelle que les voitures concernées datent d'il y a quinze ou vingt ans – le plus vieux modèle de Twingo, par exemple, et non celles qui composent, heureusement, l'essentiel du parc automobile.
Par ailleurs, des dérogations sont possibles, selon des modalités laissées à la décision des collectivités locales. Il faudrait être contrôlé cinquante-trois fois en un an pour devoir rendre des comptes. Il n'est pas question d'empêcher une personne d'aller au travail ou chez le médecin si, pour ce faire, elle a besoin de son véhicule et n'est pas en mesure d'en acquérir un nouveau.
Pour le reste, vous avez raison : il faut agir. C'est-à-dire donner la possibilité à ceux qui le souhaitent de changer de véhicule quand bien même leur budget est limité. Pour cela, nous avons des dispositifs d'accompagnement, comme le leasing social, des certificats d'économie d'énergie, des subventions, le bonus écologique et des mesures ciblées au titre du fonds Vert.
La question du prêt, que vous avez mentionnée, est essentielle. C'est souvent l'élément qui empêche le bouclage du projet. Vous avez raison d'appuyer sur ce point qui fait mal car, pour l'heure, nous n'avons pas de solution satisfaisante. Je trouve très important que nous puissions avancer ensemble sur ce sujet, avec un double objectif. D'une part, offrir à nos concitoyens un air de qualité qui leur assure une meilleure santé, d'autant que les classes populaires, qui résident dans les zones où la pollution est la plus forte, en sont les premières victimes. D'autre part, leur permettre de changer de véhicule, car ils y aspirent. Il est de notre responsabilité de les accompagner.