David Taupiac L'avenir des écoles rurales s'assombrit avec la perspective d'une baisse importante d'élèves au cours des prochaines années. Partout dans la ruralité, les annonces de fermetures pleuvent déjà, au point d'en émouvoir l'Association des maires ruraux de France.
Mon département du Gers n'est pas épargné : à la rentrée 2025, il comptera 288 élèves en moins dans le premier degré, pour atteindre une baisse de 1 114 élèves d'ici à 2027. Huit fermetures de classes sont annoncées pour la rentrée 2025.
Les effets de ces fermetures sur la qualité de l'enseignement et le bien-être des élèves sont connus : augmentation des effectifs par classe, temps réduit consacré aux élèves en difficulté et allongement du temps de déplacement entre le domicile et l'école.
Le maintien de ces classes est également un enjeu vital pour le développement local. Certains de ces villages bénéficient de labels importants tel que Village d'avenir, Petites Villes de demain et Bourg-Centre Occitanie, obtenus grâce au travail des élus pour améliorer la qualité de vie et les infrastructures de leurs communes.
Les fermetures ont des conséquences directes sur l'aménagement du territoire et l'attractivité de ces communes, dont un nombre a consenti à des investissements en faveur de leurs écoles. Dans les zones rurales, l'école est souvent le dernier service public accessible.
L'école rurale ne peut plus être la variable d'ajustement d'une politique éducative purement comptable, face aux questions d'attractivité des territoires.
La mise en place des observatoires des dynamiques rurales, chargés de réunir le directeur académique des services de l'éducation nationale, le préfet et les maires autour d'une vision prospective et triennale des mesures de carte scolaire, est un premier pas.
Cependant, les élus ruraux demandent à être davantage associés, à travers un état des lieux qui prendrait aussi en compte la qualité de l'enseignement, l'évaluation systématique du temps de transport scolaire, les investissements des communes pour les locaux et la comptabilisation des enfants de 2 à 3 ans dans les effectifs.
Comptez-vous faire évoluer les objectifs et la méthodologie de ces observatoires, afin qu'ils deviennent de véritables instances de pilotage et de décision, intégrant les élus ruraux ?