Anne Bergantz Partout en France, nous assistons depuis plusieurs années, sous l'effet du dérèglement climatique, à une multiplication d'épisodes d'inondations particulièrement graves. Dans ce contexte, je souhaite appeler votre attention sur les inondations qui ont frappé la vallée de Chevreuse, au cœur de ma circonscription.
C'était au mois d'octobre 2024. Sous l'effet de la tempête Kirk, le sud des Yvelines a subi une des chutes de pluie les plus importantes qu'il ait vécues en plus d'un siècle. La vallée a été complètement paralysée et ses communes ont connu de nombreux dégâts.
Face à cette crise, l'ensemble des acteurs locaux et des services de l'État ont bien entendu répondu présent. Je veux saluer à nouveau le travail admirable mené par les équipes municipales, les agents communaux, les pompiers, les services de secours et de sécurité civile ; les services préfectoraux, pleinement mobilisés sur le terrain, ont permis que l'état de catastrophe naturelle soit reconnu dans les meilleurs délais.
L'urgence étant passée, les citoyens et les élus des communes victimes de ces crues s'interrogent légitimement sur les réponses de plus long terme qu'il convient d'apporter à des événements appelés à se reproduire.
Je veux d'abord faire remonter un constat. Dans le sud des Yvelines, comme dans beaucoup d'autres territoires vallonnés, l'aléa lié aux ruissellements est insuffisamment pris en compte. Son traitement devrait pourtant être aussi prioritaire que celui des débordements de cours d'eau ou des remontées de nappes phréatiques, deux phénomènes mieux couverts par la taxe pour la gestion des milieux aquatiques et la prévention des inondations. Le ruissellement est également peu présent dans les plans de prévention des risques d'inondation, ce qui empêche de bien protéger les populations de cet aléa. Le ministère de la transition écologique envisage-t-il de faciliter la prise en compte de ce phénomène si répandu sur le territoire national ?
L'accès aux aides financières pour mener des travaux d'aménagement des bassins versants préoccupe également les élus. Beaucoup déplorent que l'accès au fonds Barnier ne soit possible que dans la phase de travaux des programmes d'action pour la prévention des inondations mais ne le soit pas dans la période préalable des études, qui peut durer de longues années. Que répondez-vous, madame la ministre, aux élus qui attendent l'accès à ce fonds pour aménager leur territoire ? Une ouverture dès la phase d'études du Papi peut-elle être envisagée ?
Enfin, certaines communes souhaitent agir en force de proposition, par exemple en subventionnant l'achat de batardeaux pour les particuliers soucieux de protéger leur habitation. Comment sécuriser juridiquement de telles initiatives ?