Perrine Goulet Depuis plusieurs années, les Nivernais rencontrent des difficultés dans l'accès aux soins, notamment en cas d'urgence. À l'hôpital de Nevers, dans ma circonscription, les soignants constatent régulièrement des difficultés pour assurer une prise en charge dans de bonnes conditions des patients qui se présentent.
Le 6 février, une trentaine de soignants du service des urgences étaient en arrêt maladie, ne supportant plus les conditions de travail invivables, d'ordre physique et psychologique, accentuées par le sentiment de gérer seuls l'afflux de patients.
Dans ce contexte, la direction a déjà pris des mesures pour tenter de réagir à la crise : déprogrammation des activités non urgentes pour libérer des lits et apporter un renfort au service des urgences, mobilisation de la réserve sanitaire avec la présence jusqu'à fin mars de six infirmières, coopération avec les établissements partenaires du groupement hospitalier de territoire et régulation par le 15 de l'accès aux urgences. Cependant, si nous n'agissons pas, les problèmes que j'ai évoqués se poseront à nouveau.
Notre territoire a des propositions pour pallier l'absence de professionnels et améliorer la prise en charge des Nivernais. Aux urgences, les soignants réclament les recrutements d'un infirmier et d'un aide-soignant jour et nuit ainsi que l'application stricte du plan Blanc. De plus, la pérennisation de la régulation par le 15 de l'accès aux urgences doit être envisagée.
La pénurie affectant l'hôpital est telle qu'un pont aérien a été mis en place entre Dijon et Nevers pour acheminer des médecins à l'établissement une fois par semaine. Cependant, pour répondre aux besoins de la population, il faudrait des rotations quotidiennes.
Durant la période de Noël, comme l'hôpital de Nevers était déjà en difficulté, les urgences de Cosne-Cours-sur-Loire avaient pris le relais en créant temporairement une troisième ligne de médecins et d'infirmières pour assurer le délestage venu des urgences de Nevers. Afin de répondre aux besoins des habitants et d'assurer l'entraide tout au long de l'année, pérenniser cette troisième ligne serait une mesure bienvenue.
Certes, la désertification médicale touche de nombreux territoires et certes, le ministère du travail, de la santé, des solidarités et des familles donne la priorité aux urgences, mais la Nièvre est un territoire abîmé, qui se sent abandonné. Les chiffres du projet régional de santé montrent à quel point les Nivernais subissent une perte de chance en matière de santé.
Chaque Nivernais doit pouvoir se soigner ; chaque soignant doit pouvoir trouver du sens dans son travail ; chaque patient doit pouvoir faire confiance à son établissement de soin. Dans la Nièvre, c'est loin d'être le cas. Pouvez-vous nous indiquer si les propositions faites par les Nivernais seront prises en considération par les services du ministère et si des moyens financiers seront débloqués pour que notre territoire retrouve enfin un semblant de santé ?