Marie Lebec Je me réjouis de votre présence au banc, madame la ministre déléguée auprès du premier ministre, puisque vous saurez exactement de quoi je parle.
Depuis bientôt huit ans, nous avons fait de l'école une priorité absolue et nous avons œuvré avec détermination et efficacité pour la renforcer. Parmi les avancées, citons l'amélioration du taux d'encadrement, le dédoublement des classes dans les zones relevant des réseaux d'éducation prioritaire et des réseaux d'éducation prioritaire renforcés, ainsi que la revalorisation du métier d'enseignant, notamment par une hausse significative des salaires en début de carrière. Ces mesures ont permis de consolider la maîtrise des savoirs fondamentaux des élèves et de redonner de l'attractivité à la profession d'enseignant.
En dépit de ces avancées et d'un effort budgétaire conséquent, ayant permis la sauvegarde de 4 000 postes d'enseignants, malgré une baisse démographique de près de 100 000 élèves à la rentrée, les difficultés persistent sur le terrain avec le non-remplacement des enseignants absents. Cette situation est loin d'être anecdotique.
Depuis le début de l'année scolaire, j'ai été informée à plusieurs reprises de ce problème, avec une recrudescence des signalements cet hiver. J'ai reçu de nombreux témoignages, tant de la part de chefs d'établissements que de parents confrontés à cette réalité.
Dans les Yvelines, les enseignants absents moins de quinze jours pour arrêt maladie ne sont pas remplacés, ce qui a des conséquences néfastes telles que la perturbation de l'instruction des élèves dans les classes concernées comme dans celles qui les accueillent, la surcharge de travail pour les enseignants confrontés à un effectif d'élèves accru et de fortes tensions avec des parents inquiets et mécontents.
Pour certains élèves, ce sont déjà plusieurs semaines de cours qui ont été manquées. Par exemple, dans la ville de Carrières-sur-Seine, dans ma circonscription, pour deux classes d'école élémentaire, les absences d'enseignants s'élèvent à plus de vingt jours sur la période scolaire de janvier à février, qui compte seulement vingt-quatre jours d'école.
L'académie de Versailles, faute de réussir à recruter des enseignants, titulaires ou contractuels, manque de moyens humains pour assurer des remplacements rapides. En outre, les enseignants précédemment intégrés aux brigades de remplacement ont été affectés de manière permanente à des classes, ce qui aggrave la pénurie de remplaçants disponibles. L'organisation actuelle ne parvient plus à répondre aux aléas du fonctionnement scolaire.
Face à ce constat, quelles mesures sont envisagées par Mme la ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche afin de remédier à cette situation dans les Yvelines et, plus largement, dans les académies confrontées à des tensions similaires ? Quelles solutions durables compte-t-elle mettre en œuvre dès cette année pour assurer la continuité pédagogique et soutenir les enseignants dans leurs missions, au service de la réussite de tous les élèves ?