Stéphane Peu L'annonce de la prochaine fermeture de l'Inspe – l'institut national supérieur du professorat et de l'éducation – de Saint-Denis, dans ma circonscription, suscite de l'incompréhension et une inquiétude que je partage. Chargé de former les futurs enseignants du second degré technologique et professionnel, l'Inspe dionysien est un site historique et emblématique. Créé en 1945, et issu d'une des écoles normales nationales d'apprentissage, il est adossé à un lycée d'application et propose en Île-de-France des formations uniques dont il tire sa spécificité, sa bonne réputation et son attrait. Le site, vieillissant, est aujourd'hui menacé et doit être réhabilité. Or l'université Paris-Est Créteil dont il dépend est en déficit budgétaire : elle dit ne pas pouvoir supporter un tel effort financier. Aucune expertise permettant d'évaluer les coûts n'a pourtant été réalisée.
Alors que présidence de l'université envisage de répartir sur d'autres sites – déjà surchargés – les étudiants et les enseignants, ces derniers déplorent le manque de considération pour leur métier et pour la voie professionnelle, ainsi que le fait qu'aucune solution alternative visant à préserver ce site accessible et accueillant ne soit recherchée. Au cœur d'un département où l'enseignement professionnel est plébiscité – près de 30 % des élèves entrant en seconde empruntent la voie professionnelle –, former les enseignants dans de bonnes conditions est une impérieuse nécessité. La fermeture de ce site dionysien emblématique enverrait un très mauvais signal à ceux qui s'engagent dans la voie professionnelle – que nous savons être la clé de l'insertion de très nombreux jeunes des quartiers populaires.
La fermeture du site, prévue initialement en 2025, a été reportée à juillet 2026, laissant vraisemblablement le temps à l'État de reprendre la main. Si nul ne peut ignorer les difficultés financières des universités publiques, les arbitrages doivent néanmoins être passés au crible : sacrifier quatre-vingts ans d'histoire et de réussites, tout comme l'avenir d'une partie de notre jeunesse, ce n'est tout simplement pas possible. L'État compte-t-il se saisir de ce dossier ? Les syndicats réclament une concertation et, d'ici là, de surseoir à ce projet de fermeture : que leur répondez-vous ?