Béatrice Piron De nombreuses communes s'interrogent sur l'impact du prélèvement initialement prévu dans le projet de loi de finances pour l'année 2025 à hauteur de 3 milliards d'euros, finalement ramené à 1 milliard, avec un lissage conjoncturel proposé par le Sénat. Dans ma circonscription, aucune commune ne figurait dans la liste des 450 collectivités concernées par ce prélèvement en octobre dernier. Seules trois grosses communautés d'agglomération étaient concernées, à hauteur d'environ 1 million chacune, montant qu'elles ont d'ailleurs intégré lors du vote de leur budget. Or, désormais, les douze communes de ma circonscription se voient finalement prélevées pour un montant total d'environ 2 millions. Cette évolution soulève de nombreuses interrogations quant aux modalités d'application du dispositif de lissage des comptes des collectivités.
Plus préoccupant encore, certaines communes aux ressources très limitées, dont l'une comportant un quartier prioritaire de la politique de la ville, sont particulièrement affectées. Celle-ci, qui a vu sa dotation globale de fonctionnement diminuer de 95 % en dix ans, doit désormais faire face à un prélèvement supérieur au montant même de sa DGF pour l'année 2024. Comment justifier un tel mécanisme, qui impose un prélèvement excédant la dotation perçue ? Cette situation concerne six des douze communes de ma circonscription.
Par ailleurs, alors que les prélèvements devaient être divisés par trois au niveau national, nous constatons, dans certaines intercommunalités, qu'ils sont bien plus élevés que ceux initialement prévus. Ainsi, une intercommunalité qui avait budgété un prélèvement de 1 million d'euros pourrait finalement en être exonérée, tandis que les petites communes, y compris celles d'environ 100 habitants, sont mises à contribution de manière disproportionnée, le montant total sur l'ensemble de ma circonscription s'élevant à 2 millions. Cette situation va à l'encontre de l'esprit initial du dispositif.
Enfin, de nombreux maires et élus locaux déplorent un manque de transparence et d'explications dans la mise en œuvre de ces prélèvements – ils doivent voter leur budget avant la fin du mois de mars alors que les montants exacts n'ont pas été officiellement confirmés. Quelles mesures envisagez-vous pour éviter ces situations manifestement imprévues lors de l'élaboration du dispositif ? Serait-il possible d'ajuster les critères afin de corriger les incohérences ?