Véronique Louwagie, ministre déléguée chargée du commerce, de l'artisanat, des petites et moyennes entreprises et de l'économie sociale et solidaire . Je vous prie de bien vouloir excuser l'absence d'Éric Lombard, ministre de l'économie, des finances et de la souveraineté industrielle et numérique, retenu en d'autres lieux.
Vous appelez l'attention du gouvernement sur le nombre des défaillances d'entreprises, sur la compétitivité des sociétés, notamment industrielles, sur les mesures de protection douanière, ainsi que sur l'abaissement du seuil de franchise de TVA.
Tout d'abord, comme vous le rappelez, il y a eu 66 000 défaillances d'entreprises en France en 2024, dont moins de 50 % employaient au moins un salarié. Sans nier les fragilités de certains secteurs – j'y reviendrai –, cette augmentation est avant tout liée à un rattrapage post-covid. En effet, une fois les données lissées sur la période 2020-2024, le niveau de défaillances reste inférieur à celui d'avant la crise, ce qui relativise la forte hausse des deux dernières années.
En outre, le nombre de défaillances doit être regardé en comparaison avec le nombre de créations d'entreprises. Or l'économie a, sur la même période, créé beaucoup d'entreprises et d'emplois, de sorte que le solde net des créations d'entreprises a continué de croître et que le taux de chômage a baissé.
Par ailleurs, sur le front industriel, la tendance demeure positive. Depuis 2017, nous avons fait des progrès considérables du point de vue de l'attractivité, de la compétitivité et des emplois ; 130 000 emplois ont été créés dans l'industrie. En 2024, nous avons continué à ouvrir plus d'usines qu'à en fermer : il y a eu 89 créations ou extensions nettes en 2024 ; au total, leur nombre s'est élevé à 450 depuis 2022.
Cette situation ne doit pas pour autant cacher les difficultés auxquelles les plans d'action que nous portons, tant au niveau national qu'européen, entendent répondre. Je pense aux secteurs de la chimie, de l'automobile et de l'acier. Soumis à une concurrence internationale parfois déloyale, exposés à une potentielle guerre commerciale et confrontés au défi d'évolutions technologiques majeures, ils connaissent tous les trois des mutations qu'il faut accompagner.
S'agissant de l'acier, la France est à l'initiative du dialogue stratégique qui arrive actuellement à son terme. Des mesures fortes et rapides sont attendues. Je pense au renforcement des clauses de sauvegarde et du mécanisme d'ajustement carbone aux frontières, ainsi qu'aux prix de l'électricité.
En ce qui concerne la chimie, le ministre de l'industrie a réuni une dizaine de pays, la semaine dernière, afin de soutenir cette industrie de base. Nous avons besoin d'agir avec détermination en reconnaissant le rôle stratégique du secteur et en identifiant les molécules clés pour l'industrie européenne, notre défense et notre souveraineté.
Notre conviction et notre détermination restent intactes. Nous nous engageons à préserver nos forces et notre résilience, ainsi qu'à travailler aux côtés des élus. Vous pouvez compter sur nous. Je sais que, dès vendredi, vous échangerez avec le cabinet du ministre Ferracci sur ces sujets.