Belkhir Belhaddad Je souhaite vous interroger sur la situation de l'usine de la société de véhicules automobiles de Batilly, fleuron des départements de la Moselle et de la Meurthe-et-Moselle, et plus largement de notre région.
Située en Meurthe-et-Moselle, cette belle usine est limitrophe de ma circonscription en Moselle, ce qui fait que je côtoie régulièrement ses salariés. Récemment, j'ai eu l'occasion de visiter l'usine Sovab, qui produit l'utilitaire Renault Master depuis de nombreuses années. Les syndicats et le personnel de l'usine m'ont fait part de leurs inquiétudes face aux récentes décisions de la direction. En effet, à la fin du mois de janvier 2025, cette dernière a annoncé mettre fin à plus de 705 contrats de travailleurs intérimaires, soit 70 % des contrats d'intérim, et au travail de nuit. Les syndicats redoutent une restructuration qui toucherait d'abord les travailleurs les plus précaires et les intérimaires, ainsi qu'une diminution de facto de la rémunération des salariés, fragilisant leur pouvoir d'achat et l'économie locale.
La baisse de production de la Sovab affecterait aussi les sous-traitants locaux. Je rappelle que 10 000 à 12 000 emplois sont liés à l'usine dans la région et que nous avons soutenu, à travers le plan France Relance, la production de composants de moteurs électriques par plusieurs de ces sous-traitants. Ce serait donc un formidable gâchis si nous ne soutenions pas cette usine !
La décision de la direction de l'usine s'inscrit dans un contexte de morosité du marché des véhicules utilitaires du fait du prix élevé de ce type de véhicules et des nouvelles règles européennes en matière de décarbonation – on sait que Renault pourrait avoir à payer une pénalité de près de 4 milliards d'euros pour non-respect de ses obligations. Les syndicats ont alerté plusieurs ministres sur la situation de l'usine, la stratégie de Renault et ses conséquences.
Face à l'avenir incertain de l'usine et de ses salariés, alors que les élus locaux se mobilisent, quelles mesures le gouvernement envisage-t-il de prendre afin de soutenir l'activité de la Sovab, dont l'État est actionnaire à hauteur de 15 % ? J'ajoute que, malgré ce contexte, Renault s'en est plutôt bien tiré en 2024, contrairement à Stellantis.
Enfin, permettez-moi d'évoquer la situation des 705 intérimaires, dont beaucoup sont étrangers, venant d'Ukraine, de Somalie, d'Afghanistan et d'Érythrée. Affectés à la chaîne de montage, ils effectuent des tâches d'agents de fabrication de base. Nombre d'entre eux ont le statut de réfugiés politiques. Un service de ramassage de bus a même été mis en place par la Sovab pour les véhiculer. Qu'allons-nous faire pour ces travailleurs étrangers qui ont soutenu l'activité industrielle de notre territoire ?