Antoine Villedieu Le groupe hospitalier de la Haute-Saône subit de graves dysfonctionnements, au point d'avoir poussé plus d'une centaine d'agents à manifester dans la rue lundi 10 mars. En effet, la situation se détériore considérablement : on note de nombreux départs de professionnels, causés à la fois par des conditions de travail de plus en plus difficiles et par un climat de défiance généralisé.
Le service pédiatrie, en sous-effectif chronique malgré les renforts intérimaires très coûteux ou les renforts en provenance d'autres services, est particulièrement touché. Les difficultés de recrutement sont réelles, amplifiées par des exigences insupportables demandées lors des recrutements, exigences qui dissuadent les potentiels candidats. Or un hôpital qui ne prend pas correctement soin des enfants est un hôpital malade.
Outre ces difficultés, la mise en place unilatérale des nouveaux cycles de travail, unanimement rejetés par les syndicats, a déclenché l'ire des agents et des représentants du personnel. Ces derniers déplorent un dialogue social non constructif, voire inexistant, avec la direction. Les agents sont à bout de souffle et les situations de burn-out prolifèrent, la psychologue du travail étant particulièrement sollicitée, ce qui témoigne d'un mal-être profond au sein de l'établissement.
Voilà plus de quinze ans que le groupe hospitalier est privé de médecin du travail et plus d'un an qu'il se passe des services d'une assistante sociale. Et, pour couronner le tout, certains acquis sociaux ont été supprimés au nom d'économies budgétaires.
Tout cela a un impact sur la prise en charge des patients et sur l'avenir du groupe hospitalier. Le personnel médical et paramédical encore présent fait de son mieux pour assurer aux usagers la meilleure prise en charge possible dans les conditions actuelles ; mais il ne peut indéfiniment pallier les carences constatées, surtout lorsqu'il a le sentiment légitime de ne pas être entendu et d'être méprisé.
Qu'attend le gouvernement pour agir face à une situation aussi grave ? Faut-il qu'un accident survienne au service pédiatrie ou que le groupe hospitalier soit davantage vidé de son personnel pour que les bonnes décisions soient enfin prises ? Il y va de la santé des Haut-Saônois et de l'avenir de notre groupe hospitalier.