Stéphane Delautrette Alors que la sécurité est au cœur des préoccupations, j'ai interpellé le ministre de l'intérieur par courrier, et je tenais à entendre au plus vite sa réponse, au sujet de la section aérienne de la gendarmerie de Limoges. La situation est connue : en raison de la pénurie, pour cause d'obsolescence croissante, d'hélicoptères Écureuil, trois des quatre sections aériennes de Nouvelle-Aquitaine, Égletons, Limoges et Bayonne, sont contraintes d'interrompre à tour de rôle leur activité pendant un mois et demi, suscitant de fortes inquiétudes. La zone d'intervention de la section de Limoges compte en effet parmi les plus vastes : elle couvre plusieurs départements, de l'ouest de l'Auvergne au sud de la région Centre-Val de Loire, en balayant l'Ouest limousin jusqu'à la façade atlantique.
La situation se révèle d'autant plus préoccupante que le détachement contribue également à la protection des citoyens et au maintien de l'ordre à travers tout le territoire national : il a accompli l'an dernier 130 missions d'ordre et sécurité publics, 60 missions de police judiciaire et de concours à la justice, 90 missions de préparation à l'engagement opérationnel de nos unités d'intervention, 10 missions de sécurité des mobilités. Très concrètement, sa fermeture temporaire induit la mobilisation des sections voisines, ce qui signifie un allongement, particulièrement critique pour les secours vitaux, des distances, donc des délais d'intervention. Il y a urgence, et ce ne sont là que les prémices des difficultés à venir : d'ici à 2028, la totalité des Écureuil seront réformés pour cause de vétusté, nécessitant le renouvellement de toute une flotte. Les besoins des forces aériennes de la gendarmerie sont estimés à vingt-huit hélicoptères H145-D3, fabriqués par Airbus ; à ce jour, six ont été commandés, avec une livraison prévue entre 2025 et 2028.
La loi d'orientation et de programmation du ministère de l'intérieur prévoit bien l'achat des vingt-deux exemplaires encore nécessaires, mais le budget et le lancement du marché restent à confirmer ; or, sans ces appareils, la gendarmerie nationale ne pourra plus garantir sa capacité opérationnelle aérienne, et l'unité de Limoges comptera parmi les premières à en souffrir. Il est toutefois impératif qu'elle conserve les moyens qui lui sont affectés, car elle joue un rôle essentiel, tant pour le secours aux personnes que pour le maintien de l'ordre public. Pouvez-vous vous engager à pérenniser l'activité des sections aériennes, en particulier celle de Limoges, et me faire part du calendrier effectif de commande et d'affectation des matériels ?