Ayda Hadizadeh Le hasard de l'ordre du jour fait bien les choses, puisque ma question porte sur le même sujet et que ma circonscription relève également de l'académie de Versailles.
Avec Mme la ministre d'État, ministre de l'éducation nationale, de l'enseignement supérieur et de la recherche, nous sommes de celles qui ont conscience de tout devoir à l'école de la République. C'est grâce à elle que nous sommes qui nous sommes – peut-être est-ce également votre cas.
Comme de nombreux collègues, je vous alerte sur le fait que notre école a atteint un point de rupture, résultat de la logique comptable que nous lui appliquons depuis des années et qui a conduit à son abandon. Comme l'a rappelé Marie Lebec, nous n'arrivons plus à assurer le remplacement des enseignants absents.
Chaque année, ce sont des millions d'heures qui sont perdues : le prédécesseur de la ministre, M. Pap Ndiaye, avait évalué leur nombre à 2 millions.
Dans ma circonscription, les élèves de CM2 de Presles ont manqué cinquante-cinq jours d'enseignement en deux ans, les élèves de grande section de maternelle et de CP d'Éragny n'ont plus d'enseignant depuis le 23 janvier et les collégiens en réseau d'éducation prioritaire à Saint-Ouen-l'Aumône, où j'ai été adjointe au maire, ont manqué deux cent cinquante heures d'enseignement de français. Je pourrais continuer à égrener les cas, dans ma circonscription comme ailleurs.
Des parents se sont organisés pour compenser la faillite de l'État à assurer les heures d'enseignement obligatoire pour tous les élèves, pourtant sa mission première. Ils ont également porté plainte devant le tribunal administratif, au motif que leurs enfants avaient manqué plusieurs mois d'enseignement obligatoire. Le tribunal administratif leur a donné raison.
Faudra-t-il attendre que ces cas se multiplient pour que nous prenions conscience que le remplacement de tous les enseignants est la première action à mettre en place ?
Je le dis solennellement : celles et ceux qui veulent faire de l'absentéisme la cause de ce problème sont coupables. Les enseignants ne sont pas plus absents que les autres fonctionnaires – des chiffres prouvent même qu'ils le sont moins –, mais comme ils sont des travailleurs essentiels, leur absence se fait durement ressentir par les élèves, les parents et les autres enseignants, qui accueillent dans leurs classes les élèves sans professeur.
Le ministère de l'éducation nationale dispose-t-il d'un indicateur permettant de suivre, au jour le jour, les heures d'enseignement perdues ? À court terme, quelles sont les solutions proposées aux parents pour organiser, avec volontarisme, le rattrapage des heures d'enseignement perdu ? Enfin, à moyen et, je l'espère, à long terme, quel plan d'action est prévu pour mettre fin à cette situation intolérable pour une grande démocratie comme la nôtre, pour la République française ?