Julien Dive Si, comme Michel Barnier avant lui, François Bayrou a désigné la santé mentale comme grande cause nationale pour l'année 2025, la psychiatrie demeure une grande oubliée en France, particulièrement dans mon département de l'Aisne ! Avec la neutralisation des lits d'hospitalisation du centre Hilaire Cordier de Saint-Quentin en 2023, toute l'organisation de la prise en charge psychiatrique du département a été déséquilibrée. Cette décision n'a pas été compensée : aucune alternative structurelle, aucun renforcement des autres établissements, aucun plan de soutien aux équipes médicales n'a été proposé. Les autres services psychiatriques du département, déjà sous tension, ont dû absorber en urgence un afflux massif de patients, sans moyens supplémentaires et sans renfort humain.
Cette fermeture est intervenue dans un contexte déjà profondément dégradé. Les professionnels de la psychiatrie nous alertent en effet depuis des années sur la pénurie de psychiatres dans l'Aisne, l'épuisement des équipes et la désaffection des jeunes médecins pour la spécialité !
Le service psychiatrique du Centre hospitalier de Saint-Quentin est aujourd'hui emblématique de cette crise. Les départs de praticiens se multiplient. Les équipes sont en sous-effectif permanent. La charge de travail est devenue ingérable, aggravée par une réforme de l'hospitalisation, qui a alourdi les procédures sans améliorer la prise en charge. En bout de chaîne, des patients en souffrance se retrouvent sans réponse. Le manque de moyens, tant humains que matériels, demeure un obstacle majeur au développement de projets pourtant indispensables, telle la création d'un service mère-enfant pour accompagner les patientes en souffrance ou la mise en œuvre d'une véritable politique d'attractivité pour faire venir des praticiens dans le département. Et les besoins ne faiblissent pas, surtout chez les jeunes : le suicide est la première cause de mortalité chez les 25-34 ans, la deuxième chez les 15-24 ans. À l'échelle nationale, une personne sur deux sera confrontée à un trouble psychiatrique au cours de sa vie.
Ce sombre tableau ne doit pas conduire à un renoncement de la part des pouvoirs publics : il n'y a pas de fatalité à ce que la psychiatrie demeure le parent pauvre de la médecine ! C'est pour cette raison, madame la ministre, que je vous interroge sur les mesures concrètes que le gouvernement entend mettre en œuvre pour améliorer l'offre de soins en matière psychiatrique dans l'Aisne et soutenir le centre hospitalier de Saint-Quentin.