Philippe Baptiste, ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche . Je vous prie d'excuser le ministre chargé des transports, qui m'a demandé de vous transmettre sa réponse.
La direction générale de l'aviation civile a entamé une transformation de sa direction des services de la navigation aérienne, dont l'un des axes consiste à rationaliser son implantation territoriale. En effet, l'implantation très dispersée des services de contrôle aérien – actuellement assuré depuis soixante-dix-neuf sites sur le territoire –, les tensions croissantes sur les effectifs et la nécessité de recentrer les investissements techniques imposent de revoir le périmètre actuel.
L'aérodrome de Colmar, aux côtés de cinq autres terrains, est intégré à la première phase de cette réforme, pour un retrait du service de contrôle aérien à l'horizon 2028. L'objectif de cette réforme est d'adapter le service rendu au trafic d'un aérodrome comme Colmar, sans remettre en cause son activité. En effet, la DGAC comprend parfaitement les enjeux économiques, notamment ceux de l'industrie locale, avec laquelle des échanges réguliers sont menés, mais aussi d'aménagement du territoire, de cet aérodrome.
La DGAC défend ces plateformes de plus petite taille au niveau national mais il est vital, pour en assurer la pérennité, de pouvoir y adapter le service à l'activité ; il ne s'agit aucunement de limiter le développement économique local. La réforme permet en outre de réduire les coûts pour l'ensemble des usagers aéronautiques et d'améliorer la performance, afin de répondre aux attentes des usagers et passagers aériens.
Le retrait du service de contrôle n'implique donc en rien la fin de l'activité des aérodromes concernés, les exploitants pouvant installer un Afis. Il se distingue d'un service de contrôle en ce qu'il ne donne pas d'instructions, ni d'autorisations aux pilotes, mais il leur donne toutes les informations nécessaires pour conduire leur vol en sécurité : conditions météorologiques, état de la piste, situation du trafic environnant, etc.
Des dizaines de services d'information de vols et d'alerte sont déployés en France, sur des aérodromes ayant un volume de trafic parfois supérieur aux six aérodromes concernés par la réforme, une complexité du trafic équivalente et un environnement similaire, comme la proximité d'un milieu urbain dense. C'est par exemple le cas à Angoulême, Arcachon, Vannes, Gap ou encore Valence.
La DGAC confirme que, concernant l'aérodrome de Colmar et compte tenu du niveau et de la complexité du trafic, l'installation d'un service d'information de vols et d'alerte s'avère pertinent, et que la sécurité des vols sera préservée, y compris pour l'accueil d'un avion présidentiel, par exemple.