Agnès Firmin Le Bodo Monsieur le ministre, je souhaite appeler votre attention sur les difficultés de la filière du transport vélique – mon collègue Jimmy Pahun est à mes côtés pour s'associer à ma question. En effet, la transition écologique impose de repenser le modèle de transport maritime – je salue d'ailleurs la volonté des armateurs d'avancer rapidement dans cette direction. Or le transport vélique représente une solution innovante et vertueuse.
L'entreprise Towt – TransOceanic Wind Transport –, basée au Havre, est pionnière en matière de transport maritime décarboné. Elle dispose de deux navires déjà en service, Anemos et Artémis, et un troisième est en construction, Atlantis. Elle a récemment franchi une nouvelle étape dans son développement en donnant les noms de six voiliers cargos, commandés aux chantiers bretons Piriou, qui viendront compléter sa flotte. D'ici à la fin de l'année 2027, ce sont ainsi huit navires qui assureront à grande échelle un transport maritime avec zéro émission. Cette ambition se concrétisera dès mars 2026 avec l'arrivée du premier des six nouveaux voiliers cargos, suivie d'un lancement tous les trois mois. Cette cadence permettra à Towt de densifier ses routes et d'augmenter la fréquence de ses traversées afin de répondre à la demande croissante.
Pourtant, ce dynamisme est menacé. La suppression dans le budget pour 2025 de l'exonération de charges sociales dont bénéficiait la filière entraîne une hausse soudaine, de 25 %, des coûts d'exploitation, ce qui fragilise l'équilibre économique de l'entreprise et met en péril tout le secteur du transport à la voile en France. Le responsable de Towt, Guillaume Le Grand, a donné l'alerte il y a quelques jours en annonçant qu'il serait contraint d'abandonner le pavillon français pour assurer la survie de son entreprise.
Towt est un armateur français, qui construit en France et transporte des produits français – je salue les entreprises françaises qui lui font confiance, en ayant la volonté de décarboner leur transport. Nous ne pouvons nous résoudre à ce qu'une entreprise innovante et respectueuse de l'environnement envisage de naviguer sous un autre pavillon faute d'un cadre fiscal et social adapté.
Monsieur le ministre, face à cette situation critique, quelles actions entendez-vous mener pour accompagner et soutenir ce secteur stratégique afin d'éviter que ces entreprises ne soient contraintes de se délocaliser et que la France ne perde son leadership dans le domaine du transport maritime durable ?