Marianne Maximi Ma question a trait à la fermeture annoncée de l'hypermarché Auchan Nord à Clermont-Ferrand et à la suppression de onze postes à Aubière, autre commune du Puy-de-Dôme. Au total, plus de 200 emplois vont disparaître dans mon département, en conséquence du plan de licenciement annoncé par la direction d'Auchan le 5 novembre dernier.
Dans le même temps, la famille Mulliez, propriétaire d'Auchan, perçoit des aides publiques et se verse 1 milliard d'euros de dividendes par l'intermédiaire de son autre enseigne, Decathlon. Alors que des vendeurs sont licenciés à Aubière, Auchan recrute actuellement, pour des missions similaires, des équipiers de magasin, dont le salaire est beaucoup plus bas.
La fermeture de l'hypermarché Auchan Nord à Clermont-Ferrand aura des conséquences dramatiques pour Croix-de-Neyrat – un quartier populaire qui souffre déjà de relégation et du recul des services publics –, d'autant plus que la galerie commerciale qui accompagne l'hypermarché abrite des commerces de proximité, menacés de fermeture. Face à cette injustice, tandis que les habitants, associations, commerçants et salariés se mobilisent, l'État reste absent.
Auchan, contraint par la loi Florange de chercher un repreneur, a publié une offre biaisée : l'enseigne affirme que le centre commercial se situe à une heure du centre-ville en transports en commun, alors qu'il ne faut que vingt-deux minutes pour s'y rendre. Cette manœuvre s'inscrit dans la droite ligne des propos cyniques du directeur général d'Auchan Retail, qui invoquait le trafic de drogue pour justifier la fermeture d'Auchan Nord. Après l'y avoir invité, j'invite également Mme la ministre à faire le déplacement pour constater que ce quartier n'a rien à voir avec la caricature honteuse qui en est faite.
Devant tant de malhonnêteté, plusieurs organisations syndicales ont rejeté le plan de sauvegarde de l'emploi proposé par l'employeur début mars. La Dreets, ou direction régionale de l'économie, de l'emploi, du travail et des solidarités, doit donner son avis sur ce PSE ce mois-ci. Dans ce contexte, le gouvernement en contrôlera-t-il la régularité et contraindra-t-il la famille Mulliez à proposer des reclassements pour préserver la vie de quartier et les emplois à Clermont-Ferrand ? Il y a urgence à agir, pour l'avenir des salariés, pour le quartier de Croix-de-Neyrat et pour la dignité des habitants, qui ne sont pas des citoyens de seconde zone.