Marc Ferracci, ministre chargé de l'industrie et de l'énergie. Je vous remercie d'appeler l'attention du gouvernement sur la filière photovoltaïque, en particulier sur l'arrêté gouvernemental et sur le développement de l'agrivoltaïsme. Tout d'abord, s'agissant du cadre général, l'arrêté modifiant le dispositif de soutien au petit photovoltaïque sur bâtiment, publié il y a quelques jours, vise, pour les particuliers, à recentrer le soutien sur l'autoconsommation, tout en préservant l'ambition de la trajectoire énergétique du gouvernement.
Je précise que cet arrêté ne vaut que pour l'avenir : les contrats existants ne sont aucunement remis en question – il est important de le préciser car il peut y avoir des malentendus à ce sujet.
S'agissant des installations de taille plus importante, le soutien sera recentré sur les plus efficaces économiquement. L'arrêté, qui a été soumis pour avis à la Commission de régulation de l'énergie et au Conseil supérieur de l'énergie, a fait l'objet de nombreux échanges avec les acteurs. Il répond aux préoccupations de la filière – j'en veux pour preuve les réactions des syndicats professionnels aux modifications opérées à la suite de la consultation.
L'agrivoltaïsme vise à concilier deux enjeux essentiels pour l'avenir de notre pays : la transition énergétique et la souveraineté agricole et alimentaire. La loi du 10 mars 2023 relative à l'accélération de la production d'énergies renouvelables, dite loi Aper, a inscrit pour la première fois dans le code de l'énergie une définition de l'agrivoltaïsme. Le cadre de régulation transparent et équilibré qui s'applique depuis est le résultat d'un long processus de concertation avec les parties concernées : les acteurs du monde agricole, les énergéticiens et les services déconcentrés de l'État.
L'approche retenue par la loi, et que le gouvernement défend résolument, est fondée sur la confiance dans les acteurs locaux : dans les agriculteurs porteurs de projets, qui sont les plus à même d'identifier les besoins et de concevoir des solutions adaptées aux spécificités locales ; dans les parties prenantes, notamment les commissions départementales de préservation des espaces naturels, agricoles et forestiers, qui réunissent les chambres d'agriculture et les associations ; dans l'innovation technologique qui émergera à partir des différents projets locaux.
Bien sûr, la confiance n'exclut pas le contrôle. Par ailleurs, nous continuons à travailler sur la question du partage de la valeur avec l'ensemble des parties prenantes sur le territoire.