Rodrigo Arenas En vertu de l'accord du 4 juin 2024, les associations d'aide alimentaire doivent verser la prime Ségur à leur personnel depuis le 1er janvier 2024 ou le 7 août 2024, selon la convention collective dont elles relèvent. Le financement de cette mesure n'étant opposable que pour les établissements et services sociaux et médico-sociaux, aucune compensation à titre obligatoire n'est prévue ; cette décision menace directement les épiceries solidaires, dont bon nombre se trouvent dans l'incapacité de prélever le montant de ces primes sur leurs fonds propres. Dans le réseau Andès, pas moins de 200 épiceries vont devoir appliquer la mesure de manière rétroactive, au moins à partir d'août 2024, ce qu'elles n'ont pu anticiper, donc prévoir budgétairement.
Ce problème survient dans un contexte de fragilisation des financements publics, notamment ceux des collectivités, dont les épiceries solidaires dépendent. Dans ma circonscription, j'ai déjà été alerté par des associations comme Solidaya, qui propose à des personnes en situation de grande précarité de faire leurs courses à des prix très réduits. Inutile de vous rappeler combien ces structures sont essentielles : si, ne pouvant assumer la charge de cette prime, au demeurant légitime, elles venaient à fermer, des familles ne parviendraient plus à nourrir correctement leurs enfants, et des personnes âgées ne mangeraient plus à leur faim.
Le financement de l'accord, en ce qui concerne les associations d'aide alimentaire, étant actuellement soumis à l'arbitrage du gouvernement, je me permets de vous demander quand et comment celui-ci répondra. La survie de très nombreuses épiceries sociales et solidaires est en jeu.