Caroline Colombier Avant de prendre la parole, je tiens à dire, car cela me tient à cœur, que la peine d'inéligibilité avec exécution provisoire, prise hier à l'encontre de Marine Le Pen, est une décision inique et injustifiée, qui va priver des millions de Français de leur choix de vote.
J'en arrive à ma question. Fin 2024, lors du comité de pilotage pour l'aménagement de la route nationale 141 entre Angoulême et Limoges, l'État a annoncé qu'un tronçon de plus d'un kilomètre resterait à deux fois une voie, à hauteur de la commune de Chasseneuil-sur-Bonnieure, dans ma circonscription en Charente. Il a aussi indiqué que l'aire de repos prévue à proximité de la commune de Nieuil ne serait pas mise en service avant 2030.
Promise depuis plusieurs années et sans cesse repoussée, la fin des travaux sur cet axe structurant, qui est la colonne vertébrale de la route Centre Europe Atlantique, devrait être une priorité, afin de relier la façade atlantique au Limousin, ainsi que les métropoles de Limoges et Bordeaux.
Le doublement de cet axe prioritaire permettra aussi de désenclaver ce territoire, alors qu'aucune ligne de train express régional n'existe entre Angoulême et Limoges. Cela fait sept ans que les gouvernements successifs se désintéressent de cet axe ferroviaire comme de cet axe routier.
Pire, comme l'indiquent déjà professionnels, usagers et riverains, l'absence de doublement total de la route nationale 141 aura, sans nul doute, des conséquences sur le trafic, en favorisant la création d'un goulot d'étranglement important aux abords de Chasseneuil-sur-Bonnieure.
Faut-il également rappeler que le nombre de camions empruntant ce tronçon est de plus en plus important chaque année et qu'il n'existe aucune aire de repos spécialisée sur 100 kilomètres entre Ruelle-sur-Touvre et Limoges, alors que les professionnels de la route doivent respecter des coupures dans leur temps de travail ? Le report de la construction de cette aire jusqu'en 2030 serait une erreur supplémentaire.
Le gouvernement compte-t-il tenir ses engagements envers les Charentais et les collectivités ? Prendra-t-il ses responsabilités, notamment au sein du contrat de plan État-région 2023-2027, en augmentant sa part du financement, afin de revenir aux promesses faites dans un premier temps ?