Arthur Delaporte Il y a dix-neuf à vingt-deux mois d'attente pour un logement social à Caen ou Hérouville-Saint-Clair ; l'augmentation du prix du mètre carré y est affolante, rendant de fait l'accès à la propriété très compliqué voire impossible. Nous constatons donc l'existence d'un véritable goulot d'étranglement.
Se loger est un droit fondamental, mais ce droit est menacé et très difficile à exercer, y compris dans des agglomérations de taille intermédiaire telle que Caen – sans doute la situation est-elle similaire à Dijon. Caen est la huitième ville de France où le marché est le plus tendu pour les étudiants : la ville accueille 35 000 étudiants alors que le centre régional des œuvres universitaires et scolaires ne peut couvrir que 15 % des besoins. Une grande précarité se développe, en particulier chez les jeunes. Des jeunes apprentis, par exemple, se retrouvent à la rue.
La tension pour accéder à un logement d'urgence grâce au numéro 115 m'inquiète. Le plafond de nuitées limite la mise à l'abri, y compris pour les femmes victimes de violences. Comment pouvons-nous tolérer cela ? J'ai déjà eu l'occasion d'interpeller vos prédécesseurs à plusieurs reprises à ce sujet. L'an dernier, un grand plan pour le logement d'urgence a été annoncé, mais nous attendons toujours des éléments concrets.
Dans le Calvados, il y a un problème très particulier, car la création de 500 places a été financée à l'issue d'un marché public national ouvert par l'État, mais l'argent a été versé à un entrepreneur véreux, qui est en faillite complète. Sur ces 500 places manquantes, seulement 130 ont été reconstituées. Il y a donc environ 350 places de moins par rapport à ce qui était annoncé l'an dernier, alors qu'il en faudrait bien davantage.
Monsieur le ministre, que compte faire le gouvernement pour améliorer la situation critique du logement et de l'hébergement d'urgence à Caen et dans son agglomération ?