Philippe Baptiste, ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche. Je suis très sensible à la question de l'accueil des étudiants et des enseignants-chercheurs exilés. Depuis six ans, le ministère de l'enseignement supérieur soutient fortement les actions déployées en leur faveur. Il a ainsi accompagné la mise en place des diplômes universitaires dits Passerelle, que vous avez évoqués, dès que l'idée en a été proposée, en 2017.
Ces diplômes reposent principalement sur un apprentissage intensif du français comme langue étrangère. Ils proposent également des activités d'orientation, d'intégration et d'ouverture socioculturelle, pour aider les étudiants dans la préparation de leur projet universitaire et professionnel.
Le ministère apporte un soutien constant au réseau des établissements engagés pour l'accueil des étudiants en exil, le Mens, pour migrants dans l'enseignement supérieur. Ce réseau accrédite les DU Passerelle et leur apporte un financement. Par ailleurs, ces dernières années, un assouplissement des procédures d'inscription a été décidé, afin de faciliter l'entrée des étudiants réfugiés dans l'enseignement supérieur français.
En accord avec les universités, nous les dispensons de la procédure de demande d'admission préalable, qui permet d'accéder à Parcoursup. Ils peuvent candidater directement auprès des établissements, à qui une circulaire a rappelé qu'il convenait de faire preuve de souplesse dans l'examen des candidatures des étudiants réfugiés, notamment parce que certains ne peuvent pas produire les pièces justificatives dont vous avez parlé. Par ailleurs, nous expérimentons dans plusieurs établissements une procédure dédiée aux étudiants exilés, la demande d'admission adaptée.
Enfin, le ministère a déployé les mesures de soutien renforcé aux étudiants déplacés d'Ukraine, qui sont assimilés à ceux disposant du statut de réfugié et bénéficient des mêmes dispositifs que ces derniers. Ils ont accès à davantage de cours de français langue étrangère, grâce à des places supplémentaires, ouvertes notamment dans les DU Passerelle, et à des aides spécifiques, comme des bourses sur critères sociaux pour les détenteurs de la protection temporaire, des repas à 1 euro, des aides d'urgence des centres régionaux des œuvres universitaires et scolaires, un soutien psychologique et l'accès aux logements gérés par les Crous.
Je tiens à réaffirmer mon engagement plein et entier sur cette question. Accueillir des étudiants et des enseignants réfugiés, qui arrivent dans notre pays après un long parcours, ballottés sur les routes de l'exil, fait l'honneur de la France et transforme nos établissements en havres. Cela donne aussi aux universités et aux écoles de l'enseignement supérieur l'occasion d'accueillir des talents qui s'inscriront dans la durée en France.