Jean-Didier Berger Je souhaite appeler l'attention du ministre d'État, ministre de l'intérieur, sur l'évolution des effectifs du commissariat du Plessis-Robinson et de Clamart, ville que je connais bien pour en avoir été le maire jusqu'en janvier dernier. Depuis vingt ans que je réside dans cette circonscription, j'observe une baisse constante des effectifs de police. En 2000, pour environ 70 000 habitants dans ces deux villes, 130 policiers étaient affectés au commissariat. En 2014, alors que la population atteignait 80 000 habitants, celui-ci ne comptait plus que 110 policiers, soit une vingtaine en moins. Depuis 2014, la population de ces deux communes n'a cessé de croître pour dépasser les 85 000 habitants tandis que les effectifs de police continuaient de diminuer, le commissariat perdant encore vingt fonctionnaires. En vingt ans, nous serons passés de 130 à 90 policiers, ce que rien ne justifie en matière de sécurité publique.
Je suis, avec le maire du Plessis-Robinson, particulièrement sensible à cette question car nous avons fait l'effort de déployer des policiers municipaux et de développer la vidéoprotection. Ce n'est pas pour voir les effectifs de la police nationale se réduire autant que le maire du Plessis-Robinson a créé en 2001 une police municipale d'une vingtaine d'agents, ni que j'ai à mon tour engagé une police municipale de plus de vingt-cinq policiers quand je suis devenu maire de Clamart en 2014 ! Vider la mer à la petite cuillère n'est pas notre objectif.
Si la thèse du ministère de l'intérieur, tous gouvernements confondus, est d'habituer les citoyens à un certain niveau d'insécurité et, dès qu'il recule parce que des mesures ont été prises en parallèle, de réduire les effectifs du commissariat, nous n'y arriverons pas. C'est en tout cas une situation que nous ne pouvons pas accepter.
Depuis 2012, l'État a considérablement réduit les dotations qu'il versait aux collectivités. Il s'est massivement désengagé, et nous avons perdu énormément d'argent. Ce gouvernement propose de diminuer encore davantage, l'année prochaine, les dotations des collectivités locales. Nous ne pouvons pas, d'un côté suppléer l'État dans ses missions premières et régaliennes d'assurer en tout point du territoire la sécurité de nos compatriotes et, de l'autre, perdre autant de moyens.
De surcroît, à l'heure où les polices municipales sont devenues des forces incontournables de sécurité dans tout le territoire national, nous avons besoin de voir évoluer leurs prérogatives, qui demeurent trop faibles au regard de leurs compétences, de leur formation et de leurs missions.
J'en viens à ma question : quelles garanties pouvez-vous nous donner quant à l'évolution de ces effectifs, monsieur le ministre ?