Philippe Lottiaux Les pins parasols sont des arbres emblématiques des paysages du littoral varois. Or, depuis 2021, ils doivent faire face à un danger grandissant : la cochenille-tortue. D'abord concentrée sur quelques communes du golfe de Saint-Tropez, cette cochenille se répand régulièrement dans des zones de plus en plus vastes du département, malgré un arrêté ministériel de 2022 visant à éviter son introduction et sa propagation. Entre 10 % et 15 % des arbres seraient d'ores et déjà touchés, ce qui suscite l'inquiétude grandissante des habitants comme des élus locaux.
Cette situation illustre l'inadaptation de nos moyens de lutte. Les méthodes biologiques telles que le recours à la coccinelle à virgule ou aux huiles, méthodes aujourd'hui privilégiées, ne parviennent pas à enrayer la propagation. L'utilisation d'insecticides de synthèse – dont certains, comme le Revive II ou le Vertimec, ont prouvé leur efficacité en Italie, précédemment touchée – n'est autorisée que de manière très restreinte dans l'espace et le temps, et uniquement par les professionnels, lorsqu'elle n'est pas interdite. Paradoxalement, l'objectif louable de protection de l'environnement risque fort de se traduire par la disparition de dizaines de milliers d'arbres.
Il apparaît désormais indispensable de passer à un stade supérieur, comme cela a été le cas avec succès dans la lutte contre le charançon rouge du palmier, afin d'éviter une catastrophe pour nos arbres et nos paysages. Cela supposerait d'étendre les possibilités de traitement par les insecticides les plus efficaces, dans le cadre d'une stratégie coordonnée et incitative engagée par l'État en lien avec les collectivités territoriales concernées – aujourd'hui un peu seules et en première ligne alors qu'elles disposent de moyens limités – mais aussi avec les professionnels et les propriétaires.
Par ailleurs, comme dans le cas de la lutte contre le charançon rouge, le traitement devrait être obligatoire, étant entendu que les tarifs devraient être négociés et accessibles à tous. En effet, le coût du traitement ne doit pas être un obstacle à sa mise en œuvre.
Je souhaiterais donc savoir ce qui est concrètement envisagé pour combattre efficacement un fléau face auquel nous ne pouvons demeurer les bras croisés ou nous contenter de solutions qui n'ont pas prouvé leur efficacité.