Anchya Bamana Le 24 avril dernier, à Madagascar, alors qu'Emmanuel Macron, président de la République, participait au cinquième sommet de la Commission de l'océan Indien, c'est une véritable humiliation qui a été infligée à notre pays, pourtant l'un des principaux contributeurs financiers de cette organisation. Face à Emmanuel Macron, Azali Assoumani, président de l'Union des Comores, a une fois de plus nié l'appartenance de Mayotte à la France, sans que notre président ne quitte la table, ni n'oppose la moindre réaction de fermeté.
Pire encore, Emmanuel Macron a tenté de maquiller son renoncement en « avancée diplomatique » en renvoyant la question à un hypothétique et illusoire « dialogue bilatéral » – engagé depuis 1999, celui-ci n'a jamais rien produit.
En l'absence de toute pression française sur la COI et sur le régime comorien, Azali Assoumani a sans difficulté bloqué, une fois encore, l'adhésion de notre département à l'organisation régionale, condamnant ainsi Mayotte à rester à l'écart de la table où se dessine pourtant l'avenir de l'océan Indien. Alors que plusieurs États membres seraient prêts à accepter la présence de Mayotte, le président de la République s'est distingué par sa cordialité coupable envers un dictateur hostile à la souveraineté française et orchestrateur de la submersion migratoire de Mayotte. Ce comportement a illustré, une nouvelle fois, la perte de crédibilité de notre diplomatie, notamment dans l'espace africain.
Avec Marine Le Pen et le Rassemblement national, les Mahorais dénoncent la mise à l'écart systématique de Mayotte par la COI et la faiblesse de la réponse française. Face à cette humiliation récurrente, la France devrait suspendre sa participation et ses financements à la COI tant que Mayotte n'y sera pas pleinement reconnue, au même titre que l'île de La Réunion.
La motion votée récemment par le conseil départemental de Mayotte, demandant que les athlètes mahorais puissent chanter La Marseillaise et porter le drapeau français aux Jeux des îles de l'océan Indien, témoigne également de l'ampleur du mépris dont souffrent nos compatriotes mahorais. C'est pourquoi, monsieur le ministre chargé de la francophonie et des partenariats internationaux, je vous demande de nous dire ici quelles autres démarches diplomatiques notre gouvernement compte entreprendre pour que les athlètes mahorais puissent concourir sous les couleurs de la République à Moroni en 2027. Il y va du respect de la souveraineté de la France dans l'océan Indien.