Pierre Meurin Tout d'abord, je vous remercie, madame la ministre de l'agriculture, de vous être rendue disponible pour échanger utilement avec nous ce matin.
Premièrement, je souhaite évoquer une question très spécifique. Ma circonscription, la quatrième du Gard, compte de nombreuses caves coopératives, parmi lesquelles la cave des vignerons de Saint-Gély. Celle-ci est confrontée à une situation alarmante, qui illustre la rigidité kafkaïenne dont l'administration fait parfois preuve.
Dans le cadre du plan de distillation d'urgence, l'établissement public FranceAgriMer a exclu le vin de la coopérative au motif qu'il présentait un degré d'alcool supérieur de 0,33 point au degré maximal autorisé. Le vin a bel et bien été réceptionné, contrôlé puis distillé, mais la cave n'a pas reçu les 18 000 euros qui lui sont dus, ce qui représente un manque à gagner très important pour une petite cave coopérative.
Celle-ci a tenté de défendre ses intérêts auprès de FranceAgriMer, qui a décidé de ce non-paiement, et a alerté le ministère de l'agriculture à plusieurs reprises – j'espère que vous avez au moins été informée de cette situation parfaitement injuste. Le problème, pendant depuis un an, n'a pas été résolu. La cave coopérative se trouve donc toujours dans une situation financière préoccupante.
Que comptez-vous faire pour régler ce litige ? L'administration ne doit pas être forte avec les faibles et faible avec les forts – ce qui est trop souvent le cas. Les vignerons attendent votre réponse.
J'en viens à ma deuxième question. Le plan d'arrachage, lancé pour aider la filière viticole et piloté par le même FranceAgriMer, prévoit une indemnisation en fonction des surfaces arrachées. Or cette prime est jugée encore insuffisante, d'autant plus que son imposition réduit son efficacité en tant qu'outil de soutien. Envisagez-vous, par exemple dans le cadre du prochain budget, une défiscalisation partielle ou totale de cette prime ?
Troisièmement, les producteurs français sont pris en tenaille entre, d'un côté, une multiplication des normes européennes – vous connaissez bien ce problème –, des normes nationales, des exigences de certification sans réelle plus-value et, de l'autre, une concurrence européenne et extra-européenne qui entraîne une baisse des prix du marché et qui se révèle déloyale puisqu'elle ne se plie pas toujours aux règles que doivent respecter nos vignerons.
Je rappelle que la France compte 85 000 exploitations viticoles, ce qui représente 500 000 emplois directs et indirects. Ce secteur est le second contributeur à la balance commerciale de notre pays – vous connaissez ces questions mieux que moi.