Pierre Pribetich La France a inscrit en 2021, dans son plan stratégique national pour la politique agricole commune, des objectifs ambitieux en matière d'agriculture biologique : atteindre 18 % des surfaces en bio d'ici à 2027, avec une enveloppe dédiée de 1,7 milliard pour convertir 325 000 hectares chaque année dans ce mode de production compétitif.
Lors de l'examen de la dernière loi d'orientation agricole, les parlementaires ont souhaité consolider cette trajectoire en fixant un objectif renforcé de 21 % de la surface agricole utile cultivée en bio en 2030.
Cependant, vous le savez, madame la ministre, les agriculteurs biologiques font face à de multiples crises, notamment climatiques et inflationnistes, ce qui ralentit le rythme des conversions. Si l'on cumule celles qui ont été opérées entre 2022 et 2024, on atteint à peine l'objectif prévu sur une année. On risque ainsi de laisser repartir, d'ici à 2027, près de 1 milliard d'euros de crédits européens inutilisés.
Nous observons par ailleurs une baisse dramatique du nombre de producteurs et de surfaces agricoles dans les campagnes, alors que l'agriculture biologique approvisionne des usines et des structures intermédiaires, maintenant ainsi l'emploi agricole en zone rurale. Les agriculteurs biologiques de ma circonscription – la troisième de la Côte-d'Or – expriment les mêmes inquiétudes face à cette triste réalité.
Le 17 janvier dernier, vous avez vous-même souligné devant le Sénat que les outils de soutien à la filière biologique prévus par la PAC se concentraient sur la conversion, alors que le premier enjeu est de maintenir les fermes biologiques déjà engagées en zone rurale.
Allez-vous saisir l'occasion de la révision du plan stratégique national, qui doit aboutir le 31 mai prochain, et de la préparation du prochain budget pour retenir ces crédits européens non utilisés, afin qu'ils restent essentiellement dédiés au maintien des fermes biologiques, en renforçant les outils existants tels que l'écorégime bio, le crédit d'impôt bio et les programmes opérationnels consacrés à la filière ? Cela permettrait – vous le savez – de donner un signal à nos agriculteurs biologiques qui, en nous fournissant une alimentation beaucoup plus durable, font notre fierté et bâtissent notre avenir.