Yannick Neuder, ministre chargé de la santé et de l'accès aux soins . Merci de me donner l'occasion, monsieur le député, de faire le point sur la drépanocytose en France.
Cette maladie est incluse, depuis novembre 2024, dans le programme national de dépistage néonatal : elle est ainsi dépistée chez tous les nouveau-nés, en France métropolitaine comme en outre-mer, sous réserve du consentement des parents. Ce dépistage se fait au moyen du test de Guthrie, qui consiste en un prélèvement sanguin sur un papier buvard. Cette mesure vise à améliorer la prise en charge précoce de la maladie génétique la plus fréquente à la naissance. Ce dépistage a d'abord été réservé aux nouveau-nés à risques accrus. Cependant, face à une augmentation de la prévalence de la maladie ayant entraîné une hausse de la morbidité pédiatrique – 200 cas supplémentaires dépistés entre 2016 et 2020 – la Haute Autorité de santé a recommandé, le 15 novembre 2022, de généraliser le dépistage à tous les nouveau-nés de France.
Cette décision marque une rupture très nette par rapport à l'évaluation de 2014, qui préconisait un dépistage ciblé.
En outre, la recherche a permis la commercialisation de plusieurs médicaments favorisant la fixation de l'oxygène sur l'hémoglobine, ou réduisant les phénomènes d'agrégation cellulaire lors des crises vaso-occlusives.
Certains dispositifs innovants s'appuyant sur la thérapie génétique permettent également la correction directe du gène codant la bêta-globine dans les cellules souches hématopoïétiques des patients.
D'autres techniques nouvelles reposant sur des érythraphérèses répétées à intervalles réguliers, qui consistent à remplacer progressivement la totalité du sang des patients par des globules rouges sains, sont actuellement en phase d'essai clinique, au stade de preuve clinique de concept.
De nouvelles thérapies génétiques bénéficient déjà d'une autorisation d'accès compassionnel, délivrée au cas par cas en France. Mais les avancées en biothérapie et en thérapie génétique, ainsi que l'érythraphérèse, restent les axes les plus prometteurs dans la lutte contre la drépanocytose.
L'objectif 5 du plan national maladies rares 4 vise d'ailleurs à renforcer l'accès au dépistage, aux essais cliniques et à la recherche, en particulier dans les domaines de la génomique et de la génétique.