Aurélien Pradié Jusque dans les années 1990, la mortalité infantile – celle des bébés avant qu'ils n'aient atteint leur première année – était, en France, l'une des plus basses d'Europe, voire du monde. Depuis ces années, cependant, la mortalité infantile a connu dans notre pays une très forte augmentation, jusqu'à devenir une des plus élevées d'Europe. En 2021, la mortalité infantile nationale se situait en moyenne autour de 3 enfants pour 1 000 ; dans le département du Lot, elle dépassait les 6 pour 1 000 en 2023.
Il faut prendre la mesure de ce dont nous parlons : nous parlons d'enfants qui meurent, pour 75 % d'entre eux, dans les premiers jours ou les premiers mois avant qu'ils n'aient vécu un an. Ce chiffre devrait empêcher de dormir tout un gouvernement.
La mortalité infantile a toujours été, dans nos sociétés, un indicateur de développement, d'évolution et de progrès. Son augmentation est le signe de notre déclassement général, et cela concerne aussi notre système de soins. Le département dont je suis député est un de ceux qui sont aujourd'hui les plus frappés par la mortalité infantile. Les facteurs, assez mal connus, sont multiples : ils vont de l'accès aux soins – aux maternités en particulier – jusqu'à l'accompagnement général de la santé des mamans et des futurs enfants.
Ma question, monsieur le ministre, est simple : le gouvernement a-t-il pris conscience de l'extrême gravité que revêt, dans un pays comme le nôtre, l'augmentation de la mortalité des bébés de moins d'un an ? S'il en a conscience, quelles mesures réelles, urgentes et vitales, a-t-il l'intention de prendre ?