Amélie de Montchalin, ministre chargée des comptes publics . Vous interrogez ma collègue Nathalie Delattre, ministre déléguée chargée du tourisme, sur les incidences de la loi du 19 novembre 2024 sur les chambres d'hôtes et les gîtes ruraux. Par cette loi toute récente, je le rappelle, les législateurs que vous êtes ont entendu renforcer les outils de régulation des meublés de tourisme à l'échelle locale, tout en permettant aux propriétaires de continuer à valoriser leur bien grâce à des services et équipements spécifiques proposés à la clientèle. Cela passe notamment par une incitation au classement et par la reconnaissance du caractère particulier des activités de chambres d'hôtes.
Du point de vue fiscal, les chambres d'hôtes relèvent de l'article 50-0 du code général des impôts et bénéficient donc du régime dit micro-BIC, dans la limite de 77 500 euros de chiffre d'affaires, avec un abattement de 50 %. Les gîtes ruraux, quant à eux, ne sont pas définis en droit. Dès lors, ils sont considérés comme des meublés de tourisme. Néanmoins, lorsqu'ils sont classés, ils bénéficient du même régime que les chambres d'hôtes. Rappelons que, pour les meublés de tourisme non classés, l'abattement a été ramené à 30 %, dans une limite de 15 000 euros de chiffre d'affaires.
Tel est le compromis auquel avait abouti la commission mixte paritaire et que le gouvernement a soutenu. En effet, le maintien d'un abattement différencié permet précisément d'inciter au classement et favorise de ce fait le déploiement d'une offre d'hébergement de qualité. Le seuil de 77 700 euros est apparu suffisamment élevé pour tenir compte de la situation des petits propriétaires de chambres d'hôtes ou de gîtes qui recherchent un revenu d'appoint.
Enfin, les propriétaires de chambres d'hôtes ou de gîtes ruraux qui s'engagent dans l'accueil de personnes en situation de handicap – ce que l'on appelle la parahôtellerie – et supportent dès lors des charges d'un montant supérieur peuvent bénéficier d'un abattement majoré en optant pour le régime réel. Ce régime leur permet de déduire non pas un montant forfaitaire, mais le montant réel des frais engagés.
Nous sommes très soucieux de renforcer l'offre touristique, notamment dans les zones rurales. La ministre Nathalie Delattre a lancé un groupe de travail sur ce sujet. Ces travaux s'inséreront dans une réflexion plus large sur le développement de l'agritourisme, question sur laquelle une mission parlementaire devrait être lancée.
J'y insiste, c'est bien le classement que nous voulons encourager, car c'est la meilleure protection des personnes qui s'engagent dans l'accueil de touristes, français ou étrangers, et qui en font, vous l'avez dit, un projet personnel. Il s'agit de reconnaître cette démarche de qualité et de faire émerger une concurrence plus loyale – certains ayant une approche plus commerciale et proposant un accueil moins authentique. S'il faut évaluer les seuils d'abattement, nous le ferons. Toutefois, la loi en question ayant été promulguée le 19 novembre dernier, nous avons besoin de davantage de recul avant de nous lancer dans une éventuelle révision de ses dispositions.