Mathilde Feld À mon grand regret, Mme Borne n'est pas présente pour répondre à ma question. Mais je vous la transmets, monsieur le ministre.
Je tiens à vous alerter une nouvelle fois sur les 106 fermetures de classes programmées à la rentrée 2025 en Gironde, qui représentent un lourd tribut pour ce territoire. C'est beaucoup trop pour les parents d'élèves, les professeurs et les élus locaux, mobilisés depuis des mois. Je me fais aujourd'hui leur porte-parole.
Les enfants qui habitent en ruralité ne doivent pas subir une logique purement comptable, comme la référence systématique de vos services aux moyennes départementales qui ne tiennent aucun compte du contexte socio-économique, du casse-tête des mobilités à la campagne, où les transports en commun sont quasi inexistants, de la disparition progressive des services publics dans ces territoires, ni du cumul de toutes ces inégalités qui se renforcent mutuellement.
Au sein des communes rurales, les écoles jouent un rôle essentiel dans la cohésion sociale. Elles sont un point de ralliement au sein d'un habitat dispersé, et parfois le dernier lieu d'échange entre les habitants. Or les fluctuations incessantes de la carte scolaire désorganisent ce fragile équilibre et finissent par anéantir les efforts des maires, qui disposent de peu de leviers pour améliorer l'attractivité et le développement de leur commune.
Vos décisions ont un impact sur le mode et le temps de transport des enfants, leur sommeil et donc leur santé, ainsi que sur la vie des familles et de toute la communauté éducative.
Dans la douzième circonscription de la Gironde, ces fermetures entraînent une détérioration des conditions d'enseignement, avec une augmentation du nombre de niveaux et des effectifs dans les classes restantes, et la désorganisation de certains regroupements pédagogiques intercommunaux.
Là où vous voyez une opportunité d'économie à court terme, nous voyons des élèves et des familles en souffrance ainsi que de lourdes dépenses à long terme.
La communauté éducative vous demande de considérer la baisse des effectifs plutôt comme une chance permettant d'assurer un meilleur accompagnement pédagogique et de meilleures conditions d'apprentissage pour les élèves et les enseignants. Pourquoi refusez-vous d'écouter les citoyens que vous êtes censés servir ?