Philippe Tabarot, ministre chargé des transports . L'enjeu du respect du patrimoine architectural des villages est essentiel dans la généralisation de la fibre optique. Alors que ce chantier a bien avancé au cours des dernières années, notamment dans les territoires ruraux, les opérateurs ont dû trouver des solutions pour que le déploiement, souterrain ou aérien, ne dégrade pas le charme des communes concernées.
Le taux de déploiement de la fibre dans les zones rurales a presque rattrapé celui des zones urbaines, avec respectivement 88 % et 93 % à la fin 2024, contre 30 % et 80 % à la fin 2020. Un tel niveau de couverture nécessite un pilotage et une attention particuliers, surtout dans les zones protégées. Le Marais poitevin est un exemple de déploiement réussi de la fibre tout en préservant l'environnement et en respectant les contraintes techniques et paysagères. De même, le déploiement en cours autour du canal du Midi, près des châteaux cathares, dans les villages alsaciens ou bourguignons ou dans des zones protégées fait l'objet d'un traitement spécifique afin que la couverture du territoire par la fibre s'effectue dans le respect des contraintes patrimoniales et naturelles. Les architectes des bâtiments de France jouent un rôle important dans cette opération, notamment lorsqu'il s'agit de telles zones, où des adaptations techniques ou esthétiques sont nécessaires.
Si les autres technologies disponibles, comme le satellite ou la 5G, représentent des options intéressantes dans l'attente du déploiement de la fibre ou dans des situations spécifiques, leur performance n'est pas comparable. Il convient en outre de noter que l'installation d'antennes paraboliques n'est pas sans impact sur l'espace public. C'est pourquoi, dans un contexte de développement continu des usages numériques et conformément aux objectifs européens, le gouvernement a fixé pour objectif la généralisation du déploiement de la fibre optique.
Le magnifique village de La Treille, que vous avez évoqué, est situé en zone très dense, où les opérateurs privés ont la responsabilité d'assurer le déploiement du réseau en fibre optique jusqu'aux abonnés. Il revient à l'Arcep, l'Autorité de régulation des communications électroniques, des postes et de la distribution de la presse, de contrôler ce bon déploiement et d'identifier les éventuels manquements.
La situation que vous décrivez symbolise parfaitement les objectifs et l'action du gouvernement – que je rappellerai au nom de François Rebsamen : concilier le respect du patrimoine en zone protégée avec l'activité économique et l'accès à des services de qualité pour tous nos concitoyens.