François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre d'État, ministre de l'intérieur . Voici ce que le garde des sceaux, que je remplace ce matin, aurait aimé vous répondre.
Votre question vient en complément de la question précédente en ce qu'elle porte sur les risques courus par le personnel pénitentiaire. Comme vous le savez, le 29 avril dernier, la proposition de loi visant à sortir notre pays du piège du narcotrafic a été définitivement adoptée par votre assemblée, qu'il remercie pour l'avoir menée à bien. Dans le cadre de l'ouverture des quartiers de lutte contre la criminalité organisée, il s'agit maintenant de soutenir les personnels qui seront amenés à y exercer leurs missions. Ils sont un rempart entre le monde du narcotrafic et notre société. Les centres pénitentiaires de Vendin-le-Vieil et de Condé-sur-Sarthe seront les premiers établissements de lutte contre la criminalité organisée, mis en service respectivement au 31 juillet et à l'automne 2025. Dans le cadre du dialogue social mené auprès des personnels de ces établissements, un complément indemnitaire sera mis en place. L'ensemble des agents affectés seront concernés par l'attribution de cette prime. À ce jour, tous corps et grades confondus, cela représente 640 agents.
Plusieurs scénarios sont envisagés quant à la mise en œuvre de cette revalorisation indemnitaire, qui pourrait être mensuelle ou annuelle, nette ou brute, proportionnelle ou non. Ils seront soumis à l'avis du contrôleur budgétaire et du comptable ministériel, ainsi qu'au guichet unique interministériel. Au regard de la situation financière de l'administration pénitentiaire et des autres projets de revalorisation indemnitaire préalablement engagés, le soutien de l'ensemble des parlementaires lors du vote de la prochaine loi de finances sera évidemment essentiel.
Enfin, s'agissant des personnels soignants, dernier point de votre intervention, il faut rappeler que la loi du 18 janvier 1994 a confié au service public hospitalier la prise en charge sanitaire des personnes placées sous main de justice. À cet égard, la gestion des ressources humaines concerne donc le ministère de la santé et de l'accès aux soins, et non le ministère de la justice. Ce n'est pas de la part du ministre une façon de se défausser, mais c'est pour vous dire qu'il a sollicité le ministère de la santé sur ce point particulier, afin que le personnel soignant ne soit pas en dehors de la réforme engagée.