Éric Michoux Monsieur le ministre chargé des transports, je me fais le messager de nos concitoyens, des élus locaux et des professionnels du transport : ils disent non aux transports frigorifiques le week-end. Ce type de transport bénéficie d'une dérogation spéciale pour les denrées alimentaires. Pourtant, les professionnels dénoncent plusieurs problèmes : des camions qui roulent à vide le week-end ; des chauffeurs qui ne peuvent profiter ni de leur famille ni de leurs proches ; une pollution supplémentaire du fait des émissions de gaz carbonique, des microparticules de caoutchouc dues à l'usure des pneumatiques, et de l'usure des routes ; la surcharge des réseaux routiers, qui est une menace pour la sécurité des usagers ; surtout, l'utilisation détournée des camions pour des trafics de drogue, d'armes, voire d'êtres humains. Tout cela est bien évidemment amplifié par la présence réduite des forces publiques le week-end.
Ce qui s'est passé à Bordeaux il y a quelques mois en est une bonne illustration. Un camion frigorifique a eu un accident grave – mortel. Ce camion transportait des pièces mécaniques, mais pas de denrées alimentaires.
Sur l'A39, l'aire du Poulet de Bresse, dans ma circonscription, est le lieu de divers trafics le week-end. C'est quelque chose que l'on connaît un peu partout.
Les camions frigorifiques étant fermés, insonorisés et thermiquement isolés, les marchandises sont transportées en toute discrétion. Des trafiquants en tout genre en profitent.
Il serait bon, dans le cadre de notre guerre contre le narcotrafic, de réviser la dérogation actuelle en la limitant aux seules urgences sanitaires.
Monsieur le ministre, qu'avez-vous à répondre à nos concitoyens, aux élus, aux chauffeurs, aux chefs d'entreprise sur ce point ?