Philippe Baptiste, ministre chargé de l'enseignement supérieur et de la recherche. Vous interrogez le ministre chargé de la santé et de l'accès aux soins sur la situation de l'hôpital pédiatrique Lenval, et nous vous remercions pour votre vigilance sur ce dossier sensible.
À Nice, la filière de pédiatrie repose sur une organisation unique en France : elle est partagée entre deux opérateurs. D'un côté, le CHU de Nice prend en charge uniquement la réanimation et l'oncologie pédiatriques ; de l'autre, la Fondation Lenval, établissement de santé privé d'intérêt collectif, assume l'ensemble des autres activités, dont les urgences. Cette fondation, pilier historique du territoire, est engagée depuis cent quarante ans au service des enfants.
La coopération entre les deux établissements, historiquement complexe, a déjà fait l'objet d'interventions de l'État pour tenter de trouver des solutions. Elle est organisée par un groupement de coopération sanitaire qui ne fonctionne pas.
Plusieurs alertes ont été remontées depuis quelques mois à l'agence régionale de santé de la région Provence-Alpes-Côte d'Azur, qui s'est emparée du sujet afin de pousser les acteurs concernés à trouver des issues.
En 2023-2024, une mission de médiation externe a ainsi permis de formuler des objectifs précis, communiqués aux deux directions.
En janvier 2025, l'ARS a réuni les deux gouvernances pour établir un schéma cible de répartition des activités entre les sites. Quelques avancées concrètes, mais timides, ont été constatées, notamment autour du système d'information.
Cependant, depuis le début de l'année, les relations entre les deux établissements se sont considérablement dégradées, au point d'être judiciarisées et de mettre fin au fonctionnement du GCS.
En avril 2025, l'ARS a reçu les praticiens des deux établissements, qui ont fait part de leur souffrance au travail dans le cadre de leurs activités à Lenval.
Dans ce contexte, le ministre Yannick Neuder a reçu en mai des alertes de différentes sources, y compris d'institutions nationales comme le Collège national des pédiatres universitaires et la Société française de pédiatrie. Elles dénoncent la dégradation des conditions d'exercice à Lenval, les risques psychosociaux associés et les risques possibles pour la prise en charge des enfants.