François-Noël Buffet, ministre auprès du ministre d'État, ministre de l'intérieur . Je vous prierai tout d'abord de bien vouloir excuser Mme Pannier-Runacher, qui ne pouvait être là ce matin et m'a donc demandé de répondre à sa place à votre question, ce que je fais bien volontiers.
Comme le prévoyait la loi d'orientation des mobilités, le gouvernement a lancé en 2022 l'expérimentation de radars sonores.
L'objectif est de renforcer les moyens des collectivités pour lutter contre certains comportements anormalement bruyants que vous avez évoqués, comme l'utilisation de pots d'échappement non homologués. Il s'agit d'une demande forte de la population. Un récent sondage réalisé dans le cadre de la mission d'information sénatoriale sur les nuisances sonores causées par les transports estime que 74 % des usagers quotidiens de la voiture et 75 % des Français sont favorables à l'installation de radars sonores.
La loi prévoyait une durée d'expérimentation de deux ans ; ce délai n'a pas permis de mener l'expérimentation à son terme. En particulier, il n'a pas été possible d'aller jusqu'à la phase d'expérimentation de la prise de sanctions, alors qu'il s'agit pourtant de la raison d'être du dispositif, car cela suppose que les radars soient homologués sur le plan métrologique.
Le ministère de la transition écologique, de la biodiversité, de la forêt et de la mer, pilote de cette expérimentation, accompagne actuellement les fabricants dans la conception des radars sonores mais aussi les collectivités qui attendent leur déploiement sur le terrain. Il organise régulièrement des réunions avec les collectivités partenaires. Ces échanges visent à partager l'avancement des ajustements techniques et juridiques nécessaires à la poursuite de l'expérimentation. En particulier, le Conseil d'État a recommandé de donner un nouveau fondement législatif à cette expérimentation en l'inscrivant dans le code de la route. Il conviendra donc de modifier la loi pour permettre la poursuite de l'expérimentation et, le cas échéant, sa généralisation. Je sais que plusieurs membres de cet hémicycle y réfléchissent. Je me demande si une proposition de loi sera déposée en ce sens, ou si cette démarche relèvera de l'initiative gouvernementale – je vais le vérifier.
Cela constitue une opportunité concrète de faire avancer ce sujet qui a manifestement accumulé un peu trop de retard – c'est là mon avis personnel, qui n'est pas consigné dans ma fiche. J'entends bien les difficultés que vous soulevez et je ferai passer le message à la ministre.