Fabrice Brun Une fois de plus, je souhaite vous alerter sur la question de la sécurité en zone rurale. Alors qu'elles étaient encore préservées, les campagnes sont de plus en plus touchées par les incivilités, les cambriolages et les violences intrafamiliales, en particulier dans la montagne ardéchoise. Le trafic et la consommation de drogues ne sont plus l'apanage des grandes métropoles. Ils s'étendent, y compris en milieu rural, et la violence se déplace aussi. Ainsi, entre 2018 et 2024, le nombre de personnes mises en cause pour trafic de stupéfiants pour 1 000 habitants a doublé en Ardèche.
Monsieur le ministre, l'État doit réagir et nous devons nous retrousser les manches, d'abord avec une révolution pénale, afin que les condamnations soient à la hauteur de la violence des délits, et ensuite pour nous fournir les ressources humaines nécessaires. En effet, rien ne remplace la présence des gendarmes et des policiers sur le terrain.
Comme vous le savez, j'ai voté la loi Lopmi et j'attends avec impatience sa traduction concrète dans ma circonscription. Côté gendarmerie, j'attends la confirmation des effectifs supplémentaires pour la nouvelle brigade mobile de Rosières, à la croisée de la RD104 et de la RN102, et des moyens pour les nouveaux casernements à Coucouron et Lachapelle-sous-Aubenas notamment. Côté police, j'attends le renforcement des effectifs du commissariat d'Aubenas, qui veille sur la sécurité de 25 000 Ardéchois dans les communes d'Aubenas, Labégude, Saint-Didier-sous-Aubenas, Saint-Étienne-de-Fontbellon, Ucel et Vals-Les-Bains. L'an dernier, j'ai obtenu un premier renfort de trois policiers supplémentaires auprès du ministre de l'intérieur, et voilà que votre ministère ne remplace pas cette année trois départs en retraite ! Comment voulez-vous, monsieur le ministre, que, sur le terrain, les Ardéchois aient encore confiance en la parole de l'État ?
Je tiens à rendre hommage au travail des élus locaux et de la police municipale, à nos gendarmes et à nos policiers, en particulier à ceux qui ont récemment été blessés en service. Je le répète : quand on attaque l'uniforme – et cela vaut aussi pour nos valeureux pompiers –, on doit dormir en prison. Mais la sécurité, première des libertés, relève avant tout de la compétence régalienne de l'État, de votre compétence, monsieur le ministre.
Je soutiens votre action et celle du ministre de l'intérieur, pour un retour de l'autorité à tous les étages. Mais cette volonté partagée doit se traduire en actes concrets, en effectifs supplémentaires en tout point du territoire. J'y insiste : rien ne remplace la présence de nos policiers et de nos gendarmes sur le terrain.